Publié le 25 Janvier 2009

Article publié par Stéphane - Responsable technique de la section Kenjutsu.

Un point, pour les pratiquants de Kenjutsu ou d'Aïkido intéressés par le Kashima de Minoru Inaba, sur les différentes séries de Katas de cette école de sabre et leur signification.


1ère série : Kihon Dachi

1. Kesa Giri

2. Ashibaraï Ukibune

3. Kiri Wari

4. Wari Tsuki

5. Kuraï Dachi

Les katas du  Kihon Tachi correspondent à des duels à distance rapprochée (tachiai). Ils permettent l'étude du but ultime (gokui) "épée, esprit, corps : 3 en tant qu'un" (ken-shin-tai sanmi ittai).
Ces exercices sont les premières techniques apprises et comme tous les katas du Kashima ils se pratiquent toujours à deux, sans protections et avec des bokuto ou bokken (épée d'entraînement en bois). Bien que assez simples d'apparence, ils contiennent l'essence même de toutes les techniques du Kashima et leur étude est incessante.



2ème série : Ura Dachi

1. Men Tachi zuke

2. Kesa Tachi zuke

3. Do Tachi Zuke

4. Gedan Kote Dome

5. Kyodachi Kote Giri

6. Sokui Zuke

7. Mikiri Kenchu Taï

8. Naori Taïchu Ken

9. Kesa Giri Sode Suri

10. Enbi Ken

Cette deuxième série de katas amène les pratiquants à appliquer les techniques en déplacement, lorsqu'ils s'approchent l'un de l'autre (yukiai). Ils doivent donc calculer la distance d'engagement et le timing (maai).
La pratique d'Ura Dachi amène à comprendre que les techniques de Kashima ne sont pas réactives mais requièrent que l'un saisisse l'initiative (sen-sen-no-sen).
Cette approche est différente sur un plan stratégique de l'Aïkiken qui se base généralement sur une réponse à une attaque déjà engagée.
 
 

3ème série : Aishin Kumitachi

1. Kumitachi Kiridome

2. Kumitachi Seigan

3. Kumiwakare Warizuki

4. Kumitachi Kaeshigote

5. Kumiwakare Taoshiuchi

L'étude de Aishin Kumitachi nécessite des pratiquants l'utilisation de mouvements en spirale pour parvenir à maîtriser une situation de combat dans laquelle les deux escrimeurs tentent d'utiliser les mêmes technique. Cette utilisation de la spirale doit permettre l'unification de l’épée et du Ki (énergie interne).
 

4ème série : Jissen Kumitachi 

1. Tsuki Kaeshi

2. Kiri Wari

3. Sokui Dachi

4. Hayanuki Fudoken

5. Sodesuri Seigan

6. Gedan Koteuchi

7. Tsubame Gaeshi

8. Tsubazeri Daoshi

10. Makitachi Oikomi

Les exercices du Jissen Kumitachi doivent permettre aux Kenjutsukas l'apprentissage de la maîtrise des assauts qui s'amorcent juste hors de portée des coups (ippo itto maai).



5ème série : Kassen Dachi

1. Sente Tskuiage

2. Sente Seigan

3. Sente Tsukikaeshi

4. Sente Tsukadaoshi

5. Sente Enbidaoshi

6. Jodan Nukidaoshi

7. Gedan Nukidaoshi

8. Fudoken

9. Kesa Tsubushi

10. Muniken

Cette dernière série de katas enseigne la maîtrise de techniques adaptées aux champs de bataille de l'époque féodale japonaise. Les Bushis (guerriers) portaient les armures traditionnelles japonaises et se chargeaient en duel à distance (yukiai).
Les techniques du Kassen Dachi exploitent donc les points faibles de l'armure de l'adversaire. Elles mettent également en oeuvre des principes mécaniques sophistiqués pour permettre le déséquilibre du combattant adverse.


L'étude du Kashima se fait donc au travers de la pratique de 40 katas répartis en 5 séries.
L'acquisition des techniques de chaque série est nécessaire pour passer à la série suivante mais on se doit aussi de revenir constamment sur l'étude des bases, dans l'esprit d'une recherche du mouvement parfait mais aussi pour tenter de comprendre le sens profond de chaque kata.




Le sens du mot "kata

En japonais chaque mot a plusieurs sens, le mot kata peut donc être employé pour signifier :

- Façon ("manière", "orientation", "direction")
- Forme : étymologiquement « tracer avec le pinceau une ressemblance exacte »
- Moule : étymologiquement « forme originale faite en terre » (signifiant également "trace laisséeforme idéaleloihabitude").
Il s'agit donc d’une forme idéale à reproduire qui permet de fixer et transmettre de connaissances ayant pour base une gestuelle codifiée.

A préciser : il existe aussi deux autres caractères dont la prononciation japonaise est kata. Mais ceux-ci n'ont pas de rapport, il s'agit de "épaule" comme dans la saisie "kata dori" en Aïkido et "lagune, bras de mer".

Un kata peut donc se pratiquer seul (les katas du Iaïjutsu par exemple), à deux comme en Kashima ou en groupe. Les mouvements appris dans les katas seuls doivent pouvoir ensuite être appliqués face à un adversaire comme c'est le cas en Iaïjutsu ou Iaïdo.

Le kata est donc un combat imaginaire, rigoureusement codifié qui s'effectue sans surprise et qui minimise ainsi au maximum les risques encourus à l'entrainement.

La plupart des Arts martiaux japonais utilisent des katas dans leur aprentissage. C'est le cas en Judo, ou en Karaté. Certains assimilent aussi l'apprentissage des techniques d'Aïkido à la pratique de katas dynamique (même si on ne retrouve pas la codification extrême des katas de judo ou de karaté). On peut donc décomposer l'étude des arts martiaux en kihon (techniques de base), katas (enchaînement codifié prédéfini) et applications (bunkaï, kumite, randori...)

 

Rôle des katas

On peut donc, pédagogiquement, définir deux objectifs dans l'étude des katas :
- l'étude des gestes et postures de base au travers d'un apprentissage "serein" et "sécure" qui permet la recherche du mouvement le plus juste.
- la compréhension des principes fondamentaux de la discipline, comme la gestion des distances 
(ma ai), l'attitude et la gestion de l'équilibre (shisei), la coordination des mouvements…

À une époque guerrière où les écoles d'escrime et de combat étaient nombreuses et gardaient précieusement leurs secrets pour pouvoir surprendre l'ennemi, l'étude des katas permettait une transmission codée de l'enseignement. D'apparence banale, leur inlassable répétition permettait la compréhension des principes profonds et des secrets martiaux de l'école.


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Rédigé par gonojukan

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Publié le 13 Janvier 2009

Article publié par Stéphane - Responsable technique de la section Kenjutsu.

Le terme Ken signifie le “Sabre” et Jutsu “Technique” en japonais. Il s’agit donc de techniques de sabre c’est à dire d’escrime japonaise. C’est un art martial ancien (Bujutsu) qui se concentre sur la maîtrise des sabres katana et wakisashi.


On pratique le Kenjutsu sans protections. Si la finalité est le maniement du katana, l'entraînement à deux se fait avec un bokken (sabre d’entraînement en bois) et l'entraînement au dégainement (iaï) se fait avec un Iaïto (katana non tranchant).


Le Kenjutsu est l'ancêtre du Kendo et il a également été d'une importance fondamentale dans la genèse de l'Aïkido ; le kenjutsu est pratiqué par les aïkidokas sous la dénomination Aïkiken.
 

L'art du sabre comprend également :

l'art de dégainer et frapper dans le même mouvement : Iaïjutsu et Iaïdo,

l'entraînement aux coupes sur des bottes de bambou : Batto Do




 


Un peu d’histoire

 

Après la victoire de la dynastie Tokugawa en 1615, le Japon pacifié, la classe des samouraïs se trouva désoeuvrée. Les écoles et académies d'arts martiaux (ryu) prospérèrent alors dans tout le pays. Les techniques guerrières du passé (Bujutsu) devinrent des «voies» (Budo) qui soulignaient beaucoup plus l'importance de la maîtrise intérieure. Le travail du sabre devint une recherche de la perfection, de l'union de l'esprit et du geste. Chaque école avait ainsi ses techniques propres concernant la longueur du sabre, les positions, en passant par la manière de porter les coups. Aujourd'hui, la plupart de ces techniques se sont perdues.
 

Le Kenjusu eut un rôle très important dans la génèse de la pratique à mains nues de l’Aïkijutsu et de certaines formes de Jujitsu. Il subsiste encore aujourd'hui de nombreuses similarités avec l’Aïkido. L’Aïkido englobe donc la pratique d’une forme de Kenjutsu, appellé Aïkiken ou Ken de l’Aïkido. Le travail des armes est communément considéré en Aïkido comme un outil pédagogique facilitant la compréhension de certains phases du Tachiwaza (techniques à mains nues). Il n'est donc pas vraiment considéré comme une pratique à part entière.
 

Certains courants indépendants cherchent à replacer la pratique des armes (le Ken mais aussi le Jo - Bâton) au coeur de l’Aïkido. C’est le cas des écoles qui se réclament d’Iwama ou de Saïto Senseï.
 

De fait, bien qu’il subsiste encore un enseignement de Kenjutsu “traditionnel” au Japon, celui-ci est très peu répandu en France et il n’y existe pas de Fédération indépendante ou de groupement de pratiquants conséquent. Il faut aussi savoir que le mode d’enseignement traditionnel japonais est très fermé, un professeur a très peu d’élèves dans sa vie, il faut être recommandé pour pouvoir pratiquer et il n’existe pas de système de grades comparable à celui des Budo. Ce système est donc plus difficilement exportable et l’enseignement est difficilement accessible.



Le kenjutsu de Minoru Inaba

 

La seule école de Kenjutsu répandue en France est le Katori Shinto Ryu diffusé par Maître Floquet au sein de l’Aïkibudo. Cependant depuis quelques temps se développe une pratique particulière au sein de la FFAAA qui est le Kenjutsu de l’école Kashima d’Inaba Minoru. 
 

Christian Tissier Senseï est en effet depuis de nombreuses années l’élève de Minoru Inaba, Maître japonais de Kenjutsu pratiquant aussi l’Aïkido (8eme Dan Aïkikaï). C’est Yamaguchi Senseï, Maître de Christian Tissier à l'Aïkikaï qui lui a recommandé l’étude de ce style de Kenjutsu.
 

Cette pratique est pour l’instant cantonnée à certains stages privés et n’est pas vraiment organisée mais on peut constater qu’elle se développe de plus en plus au sein des techniciens haut-gradés qui suivent Tissier Senseï.
 

Le nom Kashima provient du nom du temple et de la ville où le style fut créé, situé dans la province d'Ibaraki, près de Tokyo. Mais c’est un style légèrement différent, largement influencé par l’Aïkido, qui est enseigné par Minoru Inaba, élève de Kunii Zen'ya 18e Shihanke (dépositaire de l’école de Kashima Shin Ryu). 



Et le Gonojukan ?
 

Séduits par ce style de travail au ken, que nous pratiquons depuis plusieurs années lors de stages privés de Christian Tissier Senseï, nous avons décidé de nous consacrer sérieusement à son étude. Nous avons donc créé un cours spécifique de Kenjutsu ouvert à tous, ayant pour but l’approfondissement du travail du ken, qu’il s’agisse du Ken Taï Ken de l’Aïkiken ou du Kashima enseigné par Minoru Inaba et Christian Tissier. Nous nous devons aussi d'aborder certains aspects de Iaïjutsu.
 

Le fait d’ouvrir un cours de Ken à des pratiquants qui ne sont pas forcément intéressés par l’Aïkido permet de diversifier la pratique des Arts Martiaux au sein de notre club. Il correspond aussi à l'attente d'un public qui s'intéresse aux Bujutsu et au maniement du Katana (symbole du japon féodal). La pratique du Kenjustu est une école de rigueur dans la recherche du mouvement parfait et du SHIN GI TAÏ (union de l'esprit, de la technique et du corps).


Nous espérons que cette pratique va continuer à s’intensifier au sein de la FFAAA et qui sait, pourquoi ne donnerait-elle pas jour à une Discipline Affinitaire autonome avec ses passages de grade comme c’est le cas aujourd’hui du Iaï Do au sein de la FFJDA ? Cela permettrait sans doute d’intéresser d’autre types de pratiquants que le travail à mains nues, les clés articulaires et les projections, n’attire pas.


Existe-t-il des grades de Kenjutsu ?

 

Le Kenjutsu est une discipline traditionnelle (Bujutsu) et il n'existe pas de système de grades comparables à ceux de l'Aïkido ou du Judo. Il n'existe donc pas de grades spécifiques reconnus par l'Etat ou la FFAAA. Les Kenjutsukas doivent être détachée de cette considération, c'est une recherche personnelle qui doit trouver sa justification dans la pratique. Nous distinguons cependant, au sein du club, une progression dans la pratique de nos élèves par le bais de démonstrations techniques. Cette progression est matérialisée entre autre par le port du Hakama.



Il faut aussi préciser que les techniques d’Aïkiken sont demandées pour les passage des 3eme et 4eme Dan d’Aïkido. 


Lieux et Horaires des Cours de Kenjutsu du Gonojukan :

Le jeudi soir de 19h30 à 20h30 à la Maison de Quartier de Saint-Ferjeux à Besançon.
Inscription auprès de l'accueil de la Maison de Quartier.

 

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Rédigé par gonojukan

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Publié le 13 Janvier 2009

L’UFA, Union des Fédérations d’Aïkido, avait pour rôle la fusion à terme de la FFAAA et la FFAB, les deux principales fédérations d’Aïkido françaises. Pourquoi ? 



Relations entre l'Etat et les Fédérations


Il faut savoir que l’Etat français contrôle de très près le monde sportif. Il le fait en donnant son agrément aux fédérations, mais surtout en désignant une fédération délégataire et une seule, par discipline sportive. C’est cette fédération qui est chargée d’édicter les règles de la pratique et d’organiser les championnats régionaux, nationaux etc... 

En quoi cela nous concerne-t-il puisqu’il n’y a pas de compétition en Aïkido ?
 

Il se trouve que c’est aussi cette Fédération délégataire qui organise les passages de grades. Il faut bien savoir que ce n’est pas la Fédération qui attribue un grade, elle ne fait que soumettre des candidats ayant réussi l’examen à l’approbation de la CSDGE (Commission Spécialisée des Dans et Grades Equivalents). 
 

Ainsi, en France c’est l’Etat qui valide les Dan et qui est propriétaire du terme “Dan” (signifiant degré en japonais). Dans la plupart des autres pays occidentaux, le monde sportif est beaucoup moins régulé. Ce système a l’avantage de garantir une rigueur dans la qualité de l’enseignement et dans la reconnaissance des grades et diplômes, mais il est confronté à certaines difficultés avec une discipline non-compétitive comme l’Aïkido, qui se situe à la lisière du monde sportif.

Il faut aussi préciser que ce système a ses limites puisque les grades Dan français délivrés par l’Etat sont les seuls reconnus en France (l’Etat Français reconnaît quand même les grades Aïkikaï à partir du 5eme Dan) mais que seul les grades Aïkikaï (délivrés par l’Aïkikaï à Tokyo) sont reconnus à l’étranger...
 

Devant le dilemne insoluble posé par l’existence de deux fédérations majoritaires (rassemblant chacune à peu près 30 000 licenciés), l’Etat a créé une structure provisoire, l’UFA (Union des Fédérations d’Aïkido), qui était destinée à donner le temps (1 olympiade) aux deux Fédérations de fusionner. C’est ainsi que pendant les quatre dernières années, les passage de grades et de BE (Brevet d’Etat d’Educateur Sportif) ont été organisés conjointement. Les frères ennemis ne parvenant pas à s’entendre, l’Etat a même mandaté des spécialistes es-arts martiaux français, des judokas, pour trouver une solution à tout ce mic-mac. Nouvel échec....
 

L’UFA est devenu un organisme fantôme puisque dirigé paritairement par deux Fédérations passant leur temps à se bloquer mutuellement, le Ministère des Sports ne comprenant pas pourquoi les aikidokas qui parlent tant d’harmonie en ont si peu à revendre lorsqu’il s’agit de s’entendre. Bref, l’Etat a fait tout son possible pour forcer l’union, coupant même les subventions aux Fédérations mais rien n’y a fait, les mariages de raison ne sont plus dans l’ère du temps ! 
 

La situation a évoluée ces dernières mois. L’olympiade étant parvenue à son terme et devant le constat d’échec, le Ministère a fini par jeter l’éponge, renonçant à l’union forcée. 
 
 

 



Escarmouches à Tanabe...


En octobre dernier, au congrès de la Fédération Internationale d’Aïkido à Tanabe au Japon, la FFAAA s’est vu rejeter sa demande d’intégrer le Comité Directeur au profit de la Suède : son projet d’unification de l’Aïkido a été mal perçu par les membres de la FIA (Tamura Senseï en tête) qui ont des pratiques et des visions très diversifiées de l’Aïkido. Il est cependant assez intriguant que la FFAAA, représentant la FIA pour la France, pays comptant le plus de pratiquants au monde en dehors du Japon, ait été écartée au profit de la Suède qui, selon les chiffres que j’ai pu trouver sur internet, compterait 5000 aikidokas seulement (pour la France il faut compter environ 60 000 licenciés FFAB-FFAAA mais on parle de 300 000 pratiquants tous style confondus)... Il est aussi étonnant de voir les dirigeants de la FFAB claironner leur victoire et se faire les chantres de la diversité, alors qu’il est de notoriété publique que le modèle de Tamura Senseï y est largement dominant. N’apprend-on pas en Aïkido qu’il faut combattre le désir de vaincre, qu’il ne doit y avoir ni gagnant, ni perdant ? Le triomphalisme de ces dirigeants en dit long sur la dichotomie entre l’idéal et les actes dans la pratique de l’Aïkido. Certains historiens de l’Aïkido ont avancé l’hypothèse que la séparation entre FFAB et FFAAA aurait été orchestrée depuis le Japon, inquiet de l'essor de l’Aïkido français et du poids qu’il prenait dans l’Aïkido mondial. Diviser, est-ce mieux régner ?
 

Pendant ce temps, la FFAAA ne communique absolument pas sur le sujet, aucune explication n’est donnée. Profitant de cet écueil de la FFAAA à Tanabe, la FFAB a décidé de quitter l’UFA, ne laissant de fait plus qu’une coquille vide. L’Union des Féderations Françaises d’Aïkido semble donc définitivement consommée. L’UFA continue cependant d’exister pour servir de support à la CSDGE, des accords sur les modalités des passages de grades étant à convenir entre les deux Fédérations.
 


 

 

Alors pourquoi tant de difficultés à communiquer et à travailler ensemble ? 



L’Aïkido n’est-il pas censé être harmonie, partage et tutti-quanti ? Déjà, il y a une profonde différence entre l’approche pédagogique et technique des deux Fédérations majoritaires, chacune étant profondément influencée par des personnalités très différentes, sans doute les plus marquantes de l’Aïkido français, Nobuyoshi Tamura pour la FFAB et Christian Tissier pour la FFAAA. De plus, les rivalités sont nombreuses dans les Fédérations, et les techniciens, poussés à la professionnalisation par le système français, ont parfois beaucoup à perdre dans une possible union. 


Imaginez deux entreprises qui doivent fusionner, chacune ayant peur que l’autre ne devienne majoritaire et qu’un poste sur deux doive sauter à son désavantage. Pas simple... partageriez-vous votre bureau avec un collègue issu d’une autre entreprise, travaillant différemment, en sachant qu’au bout du compte il n’en restera qu’un dans le bureau... et que ce sera peut-être lui ?


Ayant commencé la pratique de l’Aïkido à la FFAB, puis ayant rejoint la FFAAA séduit par le travail de Christian Tissier et par une approche pédagogique plus “occidentale” qui me convenait mieux, je sais que les préjugés sont nombreux et qu’ils remplacent souvent la connaissance des faits. Préférant l’approche et la technique développée par la FFAAA et ayant fait mon choix en connaissance de cause, je comprends cependant ce qui pousse certains pratiquants à préférer la FFAB, plus traditionnaliste. Et tant mieux, la richesse est dans la diversité et plus la pratique sera plurielle, plus l’Aïkido saura séduire les pratiquants.


Dirigeant aujourd’hui un club, je comprends mieux les enjeux : chacun préfère que les aïkidokas potentiels viennent grossir les rangs de ses adhérents, et le plus simple est de persuader ses élèves qu’on est le meilleur en dénigrant l’autre. Cette technique est même appliquée entre clubs et techniciens d’une même Fédération, c’est dire si le mal est profond. 

Heureusement il existe aussi des gens de bon sens, ouverts d’esprit, des passionnés curieux et tolérants qui ont envie de connaître l’autre. Et il ainsi parfois possible de nouer des relations de confiance et de respect entre différentes formes de pratique. C’est ainsi que même si notre approche est différente, nous avons eu souvent eu l’occasion de partager le tatami et la pratique avec les clubs FFAB de Besançon, en échangeant dans la conscience de pratiquer deux facettes différentes d’une même discipline. 


En ce sens, la base des pratiquants fait souvent preuve de plus de bon sens que ses élites. La problématique du pratiquant “de base”, qui constitue la majeure partie des aïkidokas français, est de trouver un club, un enseignant, une forme de pratique qui lui corresponde. Et ce, sans se préoccuper des considérations politiques et des soucis d’intérêts personnels des caciques des organismes fédéraux.


Alors, est-ce vraiment dommage ?

On a sans doute perdu une belle occasion d’offrir un visage unifié de l’Aïkido Français qui rassurait les pratiquants, les débutants, et qui évitait certaines dérives mystico-sectaires. Ceci étant dit, si on considère qu’une fédération unifiée aurait sans doute fini par voir la prédominance politique d’une équipe dirigeante, qui aurait fini par imposer un style unique, alors que la richesse de l’Aïkido est bien dans la pluralité des formes d’expression qu’il peut prendre, c’est peut-être une chance !


Il suffit de se référer pour cela au modèle des fédérations dominantes en arts martiaux à savoir la FFJDA (pour le Judo) et la FFKDA (pour le Karaté) pour se dire que c’est peut-être une opportunité. Je ne rentrerai pas dans les détails, car ces fédérations ont de grandes qualités dont l'Aïkido devraient s’inspirer, mais il est clair que la prédominance de la discipline Judo au sein de la FFJDA, comme du style Shotokan au sein de la FFKDA, ne facilite pas forcément l’expression et le développement de courants plus minoritaires ou de disciplines associées. Il y a donc à craindre qu’une Fédération unique ait fini par imposer une nomenclature unique et une forme d’expression unique, ce qui aurait tué une partie de l’originalité, de la créativité et de la faculté d’évolution de l’Aïkido.



L’UFA est morte ? Vive l’UFA !


Finalement chacun va reprendre sa pratique de son côté à sa manière, ce qui n’empêchera pas les gens de bonne volonté de se donner la main. Cela va donner un peu d’air à toutes les Fédérations indépendantes qui ne se reconnaissent ni en la FFAB, ni en la FFAAA, et qui craignaient beaucoup pour leur liberté. Et les Fédérations vont pouvoir enfin cesser leur guerre des tranchées et se consacrer peut-être au vrai problème, à savoir le développement de l’Aïkido ! 


En effet plutôt que de chercher à dénigrer les autres aïkidokas, les autres enseignants, les autres formes de pratique, il serait préférable d’utiliser cette énergie à des fins constructives. Le rôle des Fédérations devrait être de former des enseignants, de les aider à créer des clubs, trouver des salles, négocier des assurances, obtenir des subventions, communiquer auprès du grand public etc... Au lieu de ça, les créateurs de club qui forment l’avenir et le potentiel de développement de l'Aïkido sont livrés à eux-mêmes, les candidats à l’encadrement et à l’enseignement étant découragés par l’ampleur de la tâche (il suffit de voir combien il est devenu difficile de passer son Brevet Fédéral dans certaines régions).


Il serait peut-être temps pour l’Aïkido de se réveiller, d’oublier les querelles intestines et les guerres fratricides pour repartir à la conquête des pratiquants !


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Rédigé par gonojukan

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Publié le 6 Janvier 2009

Article publié par Stéphane - Président du Gonojukan.

Attention, cours spécial le samedi 24 janvier 2009 de 10h à 12h à la MSI (6 rue de Bruxelles), c'est Isabelle DENOJEAN qui sera notre invité.




Isabelle est 3eme Dan BF, présidente et enseignante du club de Lons-le-Saunier, véritable moteur de l'Aïkido Franc-Comtois.
Elève régulière de Hervé GUENARD (6eme dan), enseignant à Bourg-en-Bresse qui l'a beaucoup aidé dans sa préparation au 3eme Dan, Isabelle a développé un Aïkido d'une extrême fluidité qui accorde une importance primordiale aux rapports entre tori et uke. Avec elle pas question pour Uke de se reposer et d'attendre la fin de la technqiue passivement, au contraire Uke est un élément constitutif de la réalisation de la technique et ce sans complaisance mais avec le développement d'une vraie relation martiale.

Régulièrement présente aux cours du samedi matin, Isabelle nous fait le plaisir de partager son enseignement avec nos adhérents et nous la remercions vivement !



 

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Rédigé par gonojukan

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Publié le 6 Janvier 2009

Interview publiée initialement par Aurore sur Aikidoka.fr

Michel Erb est Délégué Technique Régional pour la FFAAA. Il se partage entre la Lorraine, la Bourgogne et la Franche-Comté, où se situe son fief, non loin du Château des Ducs de Montbéliard. Fort de son 5è dan Aïkikaï et enrichi d'un BEES 2, il sait mettre à profit sa jeunesse et sa sympathie pour dynamiser les pratiquants, en France comme à l'étranger. Il nous fait aujourd'hui le plaisir de nous exposer sa vision de l'Aïkido comme principe de communication.
 

 

  

Aïkidoka Magazine :  Lors de tes débuts en Aïkido, tu as suivi simultanément plusieurs professeurs. Quelle était ton attente ?

 

Michel Erb : Lors de mes débuts en Aïkido, j'avais 14 ans et du fait de ma situation géographique, je me suis inscrit dans le club d'Aïkido le plus proche. Il y avait en effet plusieurs professeurs qui y enseignaient. Par la suite, dès que j'ai pu me déplacer en voiture de manière indépendante, je me suis mis à la recherche d'autres enseignants pouvant combler ma soif de savoir. A cette époque, ma seule attente était probablement de multiplier les entraînements afin d'acquérir le maximum de connaissances. 
 

A.M. :Aujourd'hui, conseillerais-tu à un débutant de s'investir également auprès de plusieurs professeurs ?

M.E. : Avant tout, je pense que le choix d'un professeur et d'une forme de pratique est un acte très important dans le parcours d'un pratiquant. En effet, il faut que le débutant puisse s'identifier à ce que propose un enseignant. Pour cela, il doit se renseigner, aller voir et pour finir, faire son choix en fonction de sa propre sensibilité. 

L'apprentissage de notre discipline repose sur la mise en place de repères techniques proposés à l'intérieur d'un cadre clairement défini et constant. C'est justement le rôle du professeur de proposer cela à ses élèves. Il est fondamental pour le pratiquant de ne pas se perdre dans le dédale des différentes expressions de l'Aïkido ; en ce sens, la multiplication des professeurs est risquée.  

Bien sûr, il peut être intéressant et complémentaire de s'ouvrir ponctuellement à la pratique d'un autre professeur, surtout s'il s'agit d'un expert de haut niveau, lors d'un stage par exemple. Cependant, il convient de ne pas oublier que la recette de la progression réside dans la régularité et l'assiduité auprès du ou des professeurs incarnant notre sensibilité de pratique.     

La situation aujourd'hui est bien différente de celle de l'époque où j'ai débuté ma pratique. En effet, un débutant peut trouver assez facilement un professeur diplômé d'état, reconnu par ses pairs, pouvant lui proposer un encadrement basé sur un savoir faire et une certaine pédagogie.
 

A.M. : Tu dis que ta rencontre avec Christian Tissier a marqué un tournant décisif dans ta façon de travailler. Qu'est-ce qui t'a interpellé dans la pratique de C. Tissier Shihan lorsque tu l'as découvert ?

M.E. : Lors de ma première rencontre avec Christian Tissier, c'est simplement toute l'approche de l'Aïkido que je m'étais construite jusque-là qui a été soudain profondément remise en cause ! Je pense que de nombreux pratiquants ont vécu cela et que beaucoup continuent à le vivre aujourd'hui sur tous les continents !  Les images qui me restent de ce moment sont celles de l'expression de la précision et de la pureté à travers une fluidité déconcertante. De plus, Christian éclairait et enrichissait ses cours d'explications extrêmement pédagogiques. Cela était très déroutant pour moi, mais représentait parfaitement ce que je recherchais. En fait, c'est sa maitrîse simultanée d'un ensemble impressionnant de paramètres, dont je n'avais même pas soupçonné l'existence à ce stade de ma pratique, qui m'a permis d'identifier au moins clairement deux choses : 

je voulais lui ressembler

pour cela j'allais devoir travailler énormément ! 


A.M. : Depuis 1987, tu t'es rendu plusieurs fois à l'Aïkikaï. Considères-tu ce voyage comme nécessaire dans la vie d'un aïkidoka ?

M.E. : Je pense qu'il est parfaitement possible de pratiquer notre discipline sans pour cela être obligé de se rendre à l'Aïkikaï. Il est même probable que le plus grand nombre des pratiquants n'éprouve pas le besoin de se rendre au berceau de la discipline, ou n'en a pas la possibilité et je respecte cela. 

Personnellement, mon besoin de visiter l'Aïkikaï  de Tokyo découlait naturellement de la profondeur de mon engagement. Je voulais vivre au Japon et pratiquer avec les plus grands experts mondiaux. De plus, j'ai vécu mon premier voyage un peu comme une sorte de parcours initiatique, à travers lequel je suivais les pas de ceux qui m'ont précédé...

 

A.M. : Penses-tu qu'il sera nécessaire pour toi d'y retourner au cours de ta carrière d'aïkidoka ?

M.E. : J'essaie durant ma vie de me former sans cesse et de vivre mes passions. Ainsi, je suis persuadé que chaque entraînement au Hombu Dojo me fera le plus grand bien et me donnera beaucoup de plaisir.  D'ailleurs, je projette déjà d'y retourner car le Japon est un pays qui me fascine et je suis très loin d'avoir pu étancher ma soif de découverte. 


A.M. : Quels sont les professeurs qui t'ont le plus marqué au Hombu Dojo ?

M.E. : Lors de mon premier voyage, je me suis obligé à pratiquer sous la direction de différents experts afin d'apprécier la richesse de l'enseignement proposé au Hombu Dojo. Ainsi, j'ai effectué tous les cours quotidiennement. Lors des voyages suivants, ma sensibilité m'a dirigé vers certains professeurs en particulier. J'ai été impressionné par Kisshomaru Ueshiba et son fils Moriteru (actuel Doshu) mais également par Yamaguchi Senseï, Tada Senseï, Masuda Senseï, Endo Senseï, Yasuno Senseï et Seki Senseï. J'ai également eu le privilège de pouvoir assister à quelques cours d'Osawa Senseï (père). Chacun d'eux m'a apporté quelque chose qui m'a permis de construire ma recherche, et ce que je suis aujourd'hui.  


A.M. : Lors de tes stages, tu insistes beaucoup sur l'ukemi. Quelle sensibilité essaies-tu de développer chez Uke ? 

M.E. : Je conçois l'Aïkido comme un art au sens noble du terme, permettant, à travers la pratique de techniques martiales, de vivre un échange basé sur le principe de la communication. Cet échange donne les moyens à chaque pratiquant de prendre conscience de lui-même à travers ses craintes ou ses difficultés physiques. Il peut ainsi travailler à son perfectionnement  en étudiant les mouvements qui, à eux seuls, contiennent tous les outils utiles à cette prise de conscience. 

Pendant cette étude, Uke et Tori ont chacun un rôle précis à tenir. Ainsi, à mon sens, le rôle d'Uke ne se résume pas uniquement à réaliser une attaque pouvant permettre à Tori d'effectuer sa technique, puis de chuter de manière plus ou moins accrobatique. En effet, Uke se doit de continuer à maintenir, durant toute la durée de l'échange, les conditions nécessaires à la réalisation de la technique effectuée. Cela n'a rien à voir avec une complaisance quelconque, car l'action fluide et souple d'Uke se caractérise également à travers un placement rigoureux et précis appelant de la part de Tori des qualités d'exécution de plus en plus fines. Ainsi, un aspect du rôle d'Uke peut également être de mettre en lumière la perfectibilité de la technique de Tori. Cela peut parfois même passer par des phases de “blocages éducatifs” permettant une meilleure prise de conscience, par Tori, de points particuliers à travailler; le tout, bien sûr, dans un esprit bienveillant et constructif. 

En fait, je suis persuadé que l'Aïkido ne peut pas se réduire à un simple système d'auto-défense. En ce sens, je mets très souvent l'accent sur cette vision du rôle d'Uke. Enfin, je pense que l'étude rigoureuse du rôle de chacun durant l'exercice technique permet d'entrevoir les possibilités de variations et au final, d'applications.        


A.M. : Quels sont alors les travers de Uke qui te semblent le plus nuisibles ?

M.E. : Comme je l'ai précisé précédemment, l'Aïkido est un échange à travers le mouvement. Ainsi, chaque pratiquant  perçoit à travers le mouvement uniquement ce que sa sensibilité lui permet de ressentir à un moment donné. En ce qui concerne le travail d'Uke, il est certain que toutes les formes de raideur ou, à l'inverse, un esthétisme démesuré, contribuent à limiter cette perception. De plus, et bien que connaissant par avance le déroulement de l'échange, Uke ne doit jamais anticiper les placements et déplacements de Tori, ou mettre en place une forme de compétition ou de contre systématique. Cependant, les travers nuisibles à Uke sont les mêmes que ceux nuisibles à Tori, car durant l'expérience de la pratique, l'un est le miroir de l'autre. Il me semble d'ailleurs qu'un des rôles du professeur est de cadrer cela de manière pédagogique.  


A.M. : Tu as été récemment félicité par C. Tissier pour ton essentielle contribution à l'élévation du niveau régional.  Comment conçois-tu ton rôle de DTR ?

M.E. : Il est vrai que l'éloge suprême pour un professeur c'est d'être félicité par son propre professeur pour le travail accompli. En ce sens, j'ai été très honoré que Christian Tissier  ait apprécié, lors de ce stage national (Vesoul, 16/03/2008, NDLR), la ligne de travail et le progrès des pratiquants présents. 

En ma qualité de Délégué Technique Régional, j'essaie de fédérer les pratiquants autour de la ligne de travail que j'ai choisie et qui découle de ma propre sensibilité. De plus, il est important de proposer aux élèves et aux professeurs une méthode de travail,  qui leur permet de ne pas se laisser envahir par des certitudes mais au contraire de cultiver un esprit d'ouverture et un besoin de recherche. En cela, les stages de Christian Tissier, que je suis régulièrement, m'aident beaucoup. 


A.M. : Qu'attends-tu des enseignants de club ?

M.E. : Les enseignants ne se rendent pas toujours compte qu'ils sont les véritables moteurs de leur club. Ils suscitent la motivation des débutants et doivent l'entretenir tout au long de leur pratique. Ceci n'est pas toujours simple, j'en conviens ! Cependant, en se sclérosant dans un coin ou en se privant de tout échange avec les autres pratiquants ou enseignants, toute progression devient difficile. J'en suis intimement convaincu, car dans n'importe quel domaine ou profession, la remise en question et l'échange avec les autres sont une nécessité d'évolution. Il en est de même dans notre discipline...  


  

A.M. : As-tu le sentiment que le niveau technique est plus difficile à maintenir en province qu'en région parisienne ?

M.E. : Aujourd'hui en France, il faut tout de même constater que la plupart des régions disposent d'un encadrement technique très compétent. Ainsi, je ne suis pas certain que le niveau technique soit plus difficile à maintenir en province qu'en région parisienne. En fait, je pense plutôt que ce sont la motivation et les moyens que chaque pratiquant se donne qui vont déterminer la qualité de sa pratique. 
 

A.M. : Merci Michel pour le temps que tu nous a consacré.

M.E. : Merci à vous.


Pour en savoir plus :
http://michelerb.fr

http://www.aikido-franchecomte.com/

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Rédigé par gonojukan

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Publié le 6 Janvier 2009

Le stage du 7 décembre 2008 à Besançon a été un franc succès puisqu'il nous a permis d'accueillir 53 participants venus de Franche-comté, Bourgogne, Alsace, Lorraine, Rhône-Alpes et Suisse.
Premier stage de ligue organisé à Besançon depuis de nombreuses années, cette réussite prouve que la capitale franc-comtoise peut être un site-clé pour le développement régional, voire extra-régional, de l'Aïkido. 



Le service des sports de la Ville de Besançon a mis gracieusement le Gymnase Diderot à disposition de la ligue. Un léger malentendu a fait que nous n'avons pu disposer que de 160m2 au lieu des 220 disponibles, mais une telle participation n'était pas attendue et les capacités d'accueil ont atteint leurs limites. Il serait idéal que la ligue puisse disposer du Pôle Sportif des Montboucons, base d'entraînement du Pôle Espoir Judo de Franche-Comté, pour l'organisation de ce type de stage. 

Bien que payé par le contribuable Bisontin, le Pôle Sportif des Montboucons est le terrain de jeu quasiment exclusif de la FFJDA et il est géré par un organisme privé qui applique des tarifs disproportionnés par rapport aux moyens des associations sportives (plus de 40 euros de l'heure). De fait, en dehors de quelques stages nationaux (Stage Tamura organisé par la FFAB par exemple) qui peuvent réunir plus d'une centaine de participants, la salle est inaccessible financièrement. Il est donc dommage que cette salle ne puisse être mise à disposition des associations sportives le nécessitant parce qu'il est certain que cela donnerait une bien meilleure image de la Ville de Besançon à nos Hôtes Bourguignons, Lyonnais, Alsaciens ou Savoyards que les immeubles de Planoise. 

Le stage était dirigé par Michel ERB, 5eme Dan Aïkikaï, BE2 d'Aïkido et Directeur Technique Régional de Franche-Comté, élève de Christian Tissier et enseignant à Montbéliard, Delle et Guebwiller. 
Ce stage a fait la part belle à la pratique des armes avec 1h30 de ken, illustrant bien la part de plus en plus importante consacrée à l'étude du ken et plus particulièrement du Kashima Shin Ryu au sein de la FFAAA.






La bonne humeur était de mise comme c'est souvent le cas en Aïkido et ce stage a été l'occasion de remettre les diplômes Dan des candidats ayant réussi leurs passages de grades en juin dernier. Julien HENRIET, enseignant au Gonojukan de Besançon et à l'IUT de Montbéliard s'est ainsi vu remettre son 3eme Dan des mains de Michel ERB et Alain GUILLAUME (président de la ligue de Franche-Comté).





Ce stage a donc été une belle réussite et nous espérons que la ligue réitérera l'organisation de stages sur Besançon avec l'objectif d'améliorer la capacité d'accueil. 
 

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Publié le 6 Janvier 2009

Article publié par Stéphane - Président du Gonojukan.

Les élèves des cours enfants et adolescents ont passé leur première ceintures avant les fêtes de Noël !

Le groupe des enfants (de 5 à 10 ans) a passé sa première "barrette" (il en faut trois pour faire un Kyu) avec succès.
Les adolescents ont pu passer directement leur ceinture jaune qui reflète bien leur niveau actuel, les chutes étant parfaitement intégrées ainsi que les techniques de base du 5eme Kyu.

 



Ces cours ont été crées à la Maison de Velotte à la rentrée 2008 et ont lieu tous les vendredi soir de 17h à 18h pour les enfants de 5 à 10 ans et de 18h à 19h pour les adolescents de 10 à 16 ans. Le cours compte déjà 8 enfants et 4 adolescents, ce qui est encourageant pour un début, d'autant que les résultats obtenus en quelques mois sont très prometteurs.

L'Aïkido est particulièrement bénéfique et très formateur pour les jeunes. Les techniques d'Aïkido favorisent l'apprentissage de la latéralisation et le développement psycho-moteur. Equilibre, coordination, concentration et esprit de détermination sont aussi des points clés du travail en Aïkido, sans aucun des traumatismes souvent constatés dans la pratique des arts martiaux chez les jeunes, puisqu'il n'y a pas de compétition et que le respect de l'intégrité morale et physique des partenaires d'entraînement est au coeur de la pratique.





De même, l'apprentissage de notions d'étiquette (règles de comportement), la transmission de valeurs propres au budo japonais (respect, honnêteté, loyauté, courtoisie, honneur, sagesse, sincérité) et la recherche de résolutions pacifiques et constructives aux situations de conflit font de l'Aïkido une école de vie profitable à tous.


 

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Publié le 6 Janvier 2009

Qu'est ce que l'Aïkido ?
Article publié par Stéphane - Président du Gonojukan.

L'Aïkido est un art martial japonais créé dans la première moitié du XXeme siècle par Morihei Ueshiba.
Le terme Aïkido est couramment traduit par "Voie de l'union des énergies" mais certains spécialistes lui préfèrent la traduction "voie de la concordance des intentions"(vous pouvez sur ce point lire l'excellent ouvrage de Olivier Gaurin "comprendre l'Aïkido"). 



Cet art martial est l'héritier d'une lignée importante des arts martiaux traditionnels japonais (Bujutsu ou "technique de la guerre"), l'Aïkijutsu, longuement éprouvé sur les champs de batailles du moyen-âge japonais par les Bushis du clan Takeda.
Morihei Ueshiba, élève privilégié de Sokaku Takeda, descendant d'une longue lignée de Samouraï et dépositaire du style Daïto Ryu Aïkijutsu, a décidé de faire évoluer le Bujutsu traditionnel en Budo ("voie de la guerre") moderne, suivant en cela le mouvement initié par Jigoro kano à la fin du 19eme siècle qui a donné naissance au Judo et au Kendo.

La réflexion de Kano était que l'étude des arts martiaux traditionnels était condamnée à l'oubli sans une profonde mutation. En effet la fin du 19eme siècle au japon voit la fin de la caste des samouraïs, le port du katana est interdit et le pays entier a une volonté de se moderniser, de s'occidentaliser (vous pouvez voir "le dernier samouraï qui traite de cette période). Tout ce qui ramène à la tradition est méprisé et les japonais s'enthousiasment pour les sports occidentaux. Les Bujutsu tombent peu à peu dans l'oubli, d'autant que le mode de transmission traditionnel est très élitiste, certains maîtres n'ayant qu'une vingtaine d'élèves dans leur vie. Kano décide donc de s'inspirer du modèle sportif occidental pour transformer le Bujutsu en Budo. La finalité n'est plus la destruction d'un adversaire sur le champ de bataille mais la formation et le perfectionnement de l'être humain.

S'inscrivant dans son époque et ayant la volonté de moderniser l'Aïkijutsu dont les intentions guerrières sont en opposition avec ses convictions religieuses fondées sur le respect des êtres vivants et de la nature, Morihei Ueshiba fera dans un premier temps évoluer l'Aïkijutsu en Aïkibudo qu'il enseignera dans les années 30. A noter que cet Aïkibudo originel n'a rien à voir avec l'Aïkibudo français crée par Maïtre Floquet dans les années 70. Il se rapproche plutôt du style Yoshinkan, fondé par Gozo Shioda qui a été le principal élève de Morihei Ueshiba avant-guerre et qui est aujourd'hui enseigné au forces de polices japonaises. 

La seconde guerre mondiale qui se solde par un échec humiliant pour le peuple japonais et par les traumatisme de Hiroshima et Nagazaki va conforter Morihei Ueshiba dans sa volonté de débarrasser sa pratique de toute intention belliciste et guerrière pour en faire un outil de paix. C'est ce qui permettra à l'Aïkido d'être le premier art martial dont l'enseignement a été autorisé par les forces d'occupations américaines. Le terme Aïkido est définitivement adopté après-guerre. L'Aïkido est donc un Budo, sa finalité étant d'utiliser l'apprentissage de techniques guerrières traditionnelles dans un but de construction et d'éducation humaine. Sa spécificité réside dans le refus de la compétition qui exacerbe la volonté de vaincre et dans la recherche d'une issue pacifique aux conflits. L'Aïkidoka va ainsi utiliser la technique martiale issue des Bujutsu dans le but de contrôler l'agressivité de son adversaire sans nuire à l'intégrité physique de ce dernier. La violence appelant la violence, la défaite humiliante appelant la vengeance, l'Aïkido s'emploie donc à créer une spirale positive pour résoudre le conflit, l'agresseur est contrôlé et son agressivité annihilée parce qu'il n'y a pas de volonté de le vaincre.



L'Aïkikaï et l'Aïkido après-guerre

L'Aïkikaï est crée en 1940 par Kisshomaru Ueshiba (deuxième fils de Morihei Ueshiba) avec l'appui de son père pour promouvoir le développement de l'Aïkido. Son dojo central est le Hombu Dojo situé à Tokyo. C'est surtout Kisshomaru Ueshiba et Koichi Tohei qui vont après-guerre diriger l'Aïkikaï et finaliser la modernisation de l'Aïkido en structurant et en codifiant l'apprentissage technique de l'Aïkido pour permettre son développement international. Ils vont rapidement envoyer des émissaires aux quatre coins du monde, c'est ainsi que Tadashi Abe, Masimichi Noro ou Noboyoshi Tamura seront envoyés en France. Par extension le terme Aïkikaï définit le style d'Aïkido répandu par Kisshomaru Ueshiba qui se caractérise par la fluidité des techniques, la relative concision du panel de techniques, et le refus de l'efficacité immédiate mais plutôt une recherche de la justesse et de l'acquisition des principes de l'aïkido.

Jusqu'à sa mort en 1969, Morihei Ueshiba enseigna principalement au Dojo familial d'Iwama son élève principal étant Morihiro Saito. De fait certains pensent que Morihiro Saito est le vrai dépositaire de l'Aïkido de Morihei Ueshiba et de nombreux pratiquants occidentaux sont allés suivre son enseignement à Iwama en tant qu'Uchi-Deschi. C'est ainsi que quelques-uns de ses élèves ont créé leur propre mouvement se réclamant d'Iwama ou de Saïto. On trouve ainsi en France l'école Iwama Ryu de Daniel Toutain ou le Takemusu Aïkido International de Philippe Voarino, mais jusqu'à sa mort en 2002, Morihiro Saïto (d'autre part enseignant à l'Aïkikaï) refusera de reconnaître aucune de ces écoles.
Des élèves de Morihei Ueshiba vont aussi créer leur propre école (comme Shioda avec le Goshinkan ou le Yoseikan Aïkido de la famille Mochisuki), des aikidokas créer leur propre mouvement (Floquet avec l'Aikibudo, Toutain avec Iwama Ryu ou Gérard Blaize avec l'AFATJ), certains n'hésitant pas à mixer l'Aïkido avec d'autre disciplines (comme le real Aïkido de Vracarevic ou l'Aiki Tai Do).

Il y a donc une grande pluralité d'écoles et de styles en Aïkido. Et c'est là encore une des particularités en Aïkido c'est que la technique, même si elle a des fondements communs n'est pas figée et qu'il y a une part d'adaptabilité dans le respect de principes fondamentaux. La technique n'est qu'un outil au services de la compréhension de principes. Elle peut donc prendre des formes diverses en fonction de l'enseignant. Ainsi à l'Aïkikaï dont le but est pourtant d'unifier le mode de l'Aïkido il y a de nombreux professeurs aux styles très différents. Seigo Yamagushi, par exemple, a eu un rôle déterminant dans la formation de Christian Tissier.


Aujourd'hui en France

La situation en France reste cependant assez simple. Il y a deux fédérations qui sont reconnues par l'Etat et officiellement chargée de l'attribution des grades Dan en Aïkido ; la FFAAA (Fédération Française d'Aïkido, Aïkibudo et Affinitaires) et la FFAB (Fédération Française d'Aïkido et Budo). L'Aïkido a fait partie de la FFJDA (Fédération Francaise de Judo et Discipline Associées) jusqu'en 1982, décidant alors de s'émanciper, Nobuyoshi Tamura a créée la Fédération Francaise Libre d'Aïkido qui deviendra la FFAB, Christian Tisser créant lui la FFAAA. Seule la FFAAA et la FFAB sont habilitées à décerner des grades Dan en Aïkido et elles organisent aussi les passages de Brevet d'Etat d'Educateur Sportif en Aïkido. Cela n'empêche pas des fédérations indépendantes d'exister, en dehors de cette reconnaissance Etatique, et de représenter une multitude de facettes de l'Aïkido. Le fait d'appartenir à une des fédérations reconnues par l'Etat apporte cependant un certains nombre de garanties quant aux qualités techniques et pédagogiques des enseignants. Elle apporte aussi le gage de pratiquer conformément à une ligne générale technique admise en Aïkido.


Et le Gonojukan ?

Nous sommes affiliés à la FFAAA et suivons le style Aïkikaï par le biais de l'enseignement de Maître Christian Tissier "Shihan" (modèle technique) 7eme Dan Aïkikaï, expert reconnu mondialement pour ses qualités techniques et pédagogiques. Les techniciens que nous suivons régulièrement et qui dirigent couramment les stages que notre club organise sont Michel ERB (DTR Franche-Comté 5eme Dan), Gilbert Maillot (5eme Dan) et Hervé Guenard (6eme Dan).
Nos enseignants sont titulaires de Dan délivrés par l'Etat et du BEES 1er degré en Aïkido, notre club est en tout point conforme aux règles d'hygiène et de sécurité édictées par l'Etat ainsi qu'aux diverses obligations de déclaration et d'assurance.

Nous pratiquons donc un Aïkido qui se réclame de l'Aïkikaï et qui suit la ligne générale transmise par Christian Tissier, un Aïkido qui se pense en tant que système éducatif physique et mental, la pratique pédagogique étant axée sur la compréhension de principes qui peuvent par la suite, une fois le corps et l'esprit formés et une certaine maîtrise acquise, être appliqués martialement de façon plus courte et efficace avec le souci constant de respecter l'intégrité de l'adversaire.


 

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Rédigé par gonojukan

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Publié le 4 Janvier 2009




Bienvenue sur le Blog du Gonojukan, 
Cercle Bisontin d'Aïkido et de Kenjutsu !

Ce blog a pour vocation de vous informer sur la pratique de l'Aïkido et des Bujutsu à Besançon.

Le Gonojukan est une association déclarée crée en 2006 par Aurore Mamet-Gaiffe (2eme Dan Aïkido) et Stéphane Gaiffe (2eme Dan Aïkido BE1) dont la délégation technique a été attribuée à Julien Henriet (3eme Dan Aïkido BE1). Son but est de promouvoir la pratique des Arts Martiaux et de l'Aïkido.
Le Gonojukan compte aujourd'hui plus d'une quarantaine de licenciés et organise de nombreux stages avec des techniciens haut-gradés sur Besançon.

Le club compte 3 sections :
- Section Aïkido adultes (à partir de 15 ans)
Les cours ont lieu le lundi soir de 20h à 21h30 à la Maison de Velotte (37 rue des journaux), le mercredi soir de 19h à 20h30 à la Maison des Sports (6 rue de bruxelles) et un samedi sur 2 de 10h à 12h à la Maison des Sports.

- Section Aïkido Enfants et Adolescents
Les cours ont lieu le vendredi soir à la Maison de Velotte, de 17h à 18h pour les 5-10 ans et de 18h à 19h pour les 10-15 ans.

- Section Kenjutsu
Cette section est consacrée à la pratique  du kenjutsu en général et du style "Kashima Shin Ryu" en particulier.
Les cours ont lieu à la Maison de Quartier de Saint-Ferjeux le jeudi soir de 19h30 à 20h30.

Si vous souhaitez en savoir plus sur ces cours vous pouvez vous connecter sur le site officiel du Gonojukan :
http://gonojukan.free.fr
Vous pouvez aussi nous joindre au 06 72 52 79 85 ou par mail sur gonojukan@free.fr

Si vous êtes intéressé, n'hésitez pas à venir nous voir et à essayer l'Aïkido ou le kenjutsu (sans aucun engagement de votre part !).

A bientôt sur le Tatami !

Article publié par Stéphane - Président du Gonojukan. 

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