Publié le 27 Mai 2013

Article publié par Stéphane

 

Fin de saison riche pour les pratiquants de Combat Russe en Franche-Comté : deux stages sont annoncés en juin !

 

L'un aura lieu à Pont-de-Roide le dimanche 16 juin de 9h30 à 12h30. Le stage aura lieu en plein air suivant la météo donc prévoyez des affaires pour l'extérieur
 
L'autre se déroulera en Suisse à La Chaux-de-Fonds le samedi 29 juin de 14h30 à 17h30 au sein d'une académie de combat qui forme des combattants, des civils et des professionnels de la sécurité (NSA Sécurité...).

affiche A3 stage combat russe la chaux de fonds 29 juin 201

Inscriptions avant le 13 juin pour le stage de Pont-de-Roide et avnat le 20 juin pour La Chaux-de-Fonds. Contactez le club de combat de Saint-Hippolyte (http://www.club-combat-st-hippolyte.com/agenda-évènements/).

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Rédigé par gonojukan

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Publié le 21 Mai 2013

article écrit par Stéphane

 

Aurore est, avec Stéphane, fondatrice du Gonojukan. C'est aussi l'un des enseignants-phare du Gonojukan, qui dirige avec dynamisme plusieurs cours par semaine.

 

AURORE

 

 

 

Aurore, il y vingt ans tu poussais pour la première fois la porte d'un dojo. Aujourd'hui te voilà responsable de la plus importante section enfants de Franche-Comté ! Comment en es-tu arrivée là ? 

 

Eh bien, la première fois que je suis venue au cours d'Aïkido, je n'avais strictement aucune idée de ce que c'était ! C'était à Morteau, dans le dojo de Rosiane Lévy. J'étais ado, je voulais faire "un truc en kimono", et il n'y avait pas un choix très étendu d'activités. J'ai commencé par essayer l'Aïkido... et en quittant le tatami je me suis dit : "waouh, c'est exactement ce que je veux apprendre" ! 

Je me suis rapidement investie dans le club de Morteau, notamment en assistant les profs pour les cours enfants. J'ai pris peu à peu de l'expérience et de l'autonomie. C'était un club sympa où l'esprit associatif était très présent. Grâce à Rosiane, qui suivait Tamura Senseï, j'ai vécu mes premiers stages. Le stage d'été de St Mandrier-sur-Mer était un rendez-vous incontournable pour une bonne partie de l'équipe, c'est d'ailleurs là-bas que j'ai découvert le Iaï-do avec Michel Prouvèze. L'aura un peu mystérieuse de Tamura Senseï et sa gentillesse envers les jeunes pratiquants, ajouté à l'émulation de notre troupe ont beaucoup joué sur ma motivation d'adolescente puis de jeune adulte. La vie nous malmène parfois durement, mais à chaque entraînement, enfiler mon kimono c'était comme mettre une carapace qui me rendait plus forte et plus décidée. 

 

Comment est née l'idée de créer de toutes pièces un dojo ?

Mes études et ensuite, mon activité professionnelle m'ont éloignée de Morteau, j'ai du me résoudre à trouver un nouveau club plus accessible. Ce fut le dojo de Régis Mermet à Besançon, puis celui de Bernard Lacombe. J'ai découvert Christian Tissier et ses formidables appuis, les techniciens de la FFAAA. J'ai passé le premier dan mais rapidement sont venues des déceptions, des remises en question... La solution est venue, comme toujours en Aïkido, de la communication et de l'échange ! Stéphane, rencontré sur le tatami de Morteau et qui est devenu ensuite mon mari, a lancé l'idée de monter notre propre dojo. En nous associant avec Julien Henriet, ami de longue date qui a passé quelques années avec nous, le projet a débouché sur ce qu'est aujourd'hui le Gonojukan : un super dojo !

 

Que tires-tu de toutes ces expériences ?

C'est sûr que mon parcours est loin d'être linéaire. Parfois j'envie ceux qui poussent la porte d'un dojo et en sortent quarante ans plus tard, sans avoir jamais du repartir de zéro ! Mais au final je sais apprécier ce que mon parcours m'a offert. Je dirais que le fait d'avoir navigué dans plusieurs dojos, sous la houlette de professeurs très différents, m'a apporté beaucoup d'ouverture d'esprit et de sensibilité. Avec certains, j'ai appris la circulation de l'énergie, l'importance du Ki, avec d'autres la subtilité des déplacements, la concision des mouvements. J'ai du aussi combler des blancs par moi-même... J'ai l'impression d'avoir acquis une vision large de ce qu'est ou peut être l'Aïkido. Chaque professeur m'a apporté quelque chose qui m'a aidé à construire mon Aïkido et je les en remercie.


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On dit que pratiquer l'Aïkido nous aide à améliorer notre vie de tous les jours, qu'en penses-tu ? 

 

J'en pense que oui, oui et encore oui ! C'est ce que m'avait dit mon premier professeur, et l'idée m'avait semblé difficile à croire : comment un "sport" qu'on pratique deux ou trois heures par semaine peut-il changer notre quotidien des 165 autres heures de la semaine ? Comment le fait d'apprendre des techniques d'immobilisation et de projection peut-il améliorer notre rapport aux autres, notre vision de l'école, du travail...?

Et puis un jour, je me suis retournée sur les quelques années passées et force a été d'admettre que oui, face à des situations qui n'avaient rien à voir, je "pensais Aïki" ! J'ai appris à laisser courir sans regrets ce qui ne mérite pas mon attention, à concentrer mon énergie sur les objectifs qui me tiennent à coeur. L'Aïkido donne une force tranquille et une certaine capacité à analyser tous les angles d'un problème. L'Aïkido apprend à ne jamais se laisser abattre. 

 

Tu pratiques d'autres arts martiaux que l'Aïkido, pourquoi ? 

 

En Aïkido comme dans tous les arts de combat, se pose à un moment ou à un autre la question de l'efficacité. Cette question est presque un passage obligé... même si elle perd son sens ensuite. 

Je me suis toujours beaucoup intéressée à tous les arts de combat, c'est un monde passionnant ! A un moment, je me suis demandée comment faire face à un boxeur, dont la vélocité et la capacité à réduire très rapidement la distance de combat m'impressionnaient beaucoup. Je suis donc allée m'inscrire à des cours de boxe ! J'ai choisi du Full Contact et du Kick-Boxing, dont l'approche me semblait assez complète. Quelques années passées auprès de Momo Hakkar sur le ring de Besançon m'ont appris plus que ce que j'étais venu chercher...  J'ai pu développer des qualités physiques et mentales propres au pied-poing : l'endurance, la rapidité, la détermination, la résistance, la capacité à encaisser des coups sans se laisser déstabiliser. Quand j'entends sur le tatami des aïkidokas qui expliquent, blasés, que d'un seul coup de poing ils pourraient mettre fin au "combat" au lieu de dérouler la technique... je les invite à frapper un boxeur... et à éviter le retour de bâton ! Le KO en un coup fait toujours fantasmer, mais en réalité il est difficile à placer car la boxe apprend à bien fermer sa garde. Et même si le coup passe, le KO est rarement au rendez-vous : regardez ce qu'encaissent les combattants de MMA. 

Ensuite, notre recherche à Stéphane et à moi nous a amené à travailler une distance intermédiaire entre l'Aïkido et la boxe : nous avons donc appris le Judo-Jujitsu avec Dominique Marchiset pendant cinq ans. Là aussi il faut travailler au contact de son partenaire, car il y a beaucoup de projections de hanches. Dans une très bonne ambiance d'entraînement, ça a été l'occasion de d'ajouter notamment les sutemis à mon répertoire technique. 

Après le BEES 1, une formation intensive m'a fait découvrir le Systema, le Combat Russe, le Krav-Maga, et d'autres systèmes de défense. C'était très très intéressant. J'ai été agréablement surprise de voir autant de principes aïki en Systema, par exemple. Quant au Combat Russe, suite à un stage avec Vladimir Khoudenkikh, je suis fan ! On y retrouve tout l'état d'esprit aïki : ne pas nuire gratuitement, ne pas faire d'escalade dans la violence, ne pas brimer les autres, entretenir son corps et rester en bonne santé, éviter les ennuis... Une très bonne philosophie de vie ! Il y a en Combat Russe une optimisation dans l'utilisation de son corps qui ferait pâlir plus d'un aïkidoka : souplesse et adaptabilité extrême, mobilité aisée et rapide, esprit disponible. Nous nous entraînons régulièrement avec Nicolas Dumont, qui transmet fidèlement la souplesse de V. Khoudenkikh.

Nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres, se mettre des oeillères n'a jamais aidé personne à avancer dans son chemin personnel. Ensuite à chacun de faire le tri selon ses aspirations personnelles.

 

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N'y a-t-il pas concurrence entre ces autres systèmes de combat et l'Aïkido ? 

 

Non je pense qu'au contraire, puiser dans d'autres lexiques permet d'éclairer sa pratique en Aïkido d'une lumière nouvelle. En deux cours de boxe, j'avais enfin compris le "pourquoi" d'ikkyo ! 

Et puis au quotidien, s'entraîner à une autre discipline, dans laquelle il y a moins d'enjeux que dans sa discipline principale, permet aussi de s'aérer la tête. C'est l'occasion également de voir les bons côtés de la compétition, d'essayer d'autres constructions de cours, de rafraîchir ses échauffements... 

Par contre, il me semble indispensable de conserver une discipline dominante, dans laquelle on s'investit à fond. Papillonner d'une discipline à l'autre sans discernement ne mène à rien. Je me souviens d'une rencontre fortuite il y a plusieurs années, à l'étranger, avec un "expert en arts martiaux" avec lequel je pensais engager une conversation passionnante... Il était ceinture jaune d'Aïkido, avait fait six mois de Judo, deux mois de Taekwondo... et se pavanait car "il avait tout fait". Mais qu'avait-il compris ? 

 

C'est ainsi qu'aujourd'hui tu enseignes sereinement à la fois l'Aïkido et la Self-Défense...

 

Oui, je suis également instructeur de Self-Défense en plus du DEJEPS d'Aïkido. Pour moi ce sont deux choses très différentes, tant au niveau du choix des thèmes de cours que de l'ambiance de pratique, ou du public concerné. Il n'y a aucune concurrence entre les deux. L'Aïkido est un Budo, c'est l'affaire de toute une vie. La Self-Défense, c'est le plaisir immédiat. Quoique, quand je vois des passionnés de Self comme Guy Mennereau*, je me dis que certains font de la Self un Budo !

Enfin, on entend au moins autant de choses fausses sur la Self Défense que sur l'Aïkido, c'est très énervant. Certains disent "faire de la Self" en kimono et hakama, ça n'a pas de sens ! La Self emprunte des techniques aux arts martiaux traditionnels, mais le répertoire technique va bien au delà. Ce n'est pas une façon de faire plus brutale ou plus expéditive que les entraînements en Dojo car tous les codes sont différents. C'est autre chose. En Self on prend en compte l'environnement, les objets, les autres personnes, l'architecture des bâtiments, les portes de sortie ; on se sert de tout ce qui est à portée de main, on pense à téléphoner à la police ou aux secours, à s'enfuir... On est loin des arts martiaux ! Le cadre n'est pas celui des valeurs traditionnelles ni des règlements sportifs en compétition, mais le respect de la loi, du Code Pénal en l'occurrence. Et le seul souci est l'efficacité : l'esthétisme, la beauté du geste, la prouesse technique n'ont pas de sens quand il s'agit de sauvegarder sa vie ou celle d'un tiers.

 

Tu as été la première du Gonojukan à lancer une section pour les plus jeunes. Pourquoi aimes-tu particulièrement enseigner l'Aïkido aux enfants ? 

 

J'ai donné mes premiers cours enfants au dojo de Morteau. A l'époque, c'était la formation "sur le tas", avec les conseils d'un professeur expérimenté. Quand nous avons ouvert le Gonojukan, forte de cette expérience, j'ai naturellement pris en main les cours dédiés aux plus jeunes. Il faut dire aussi que mon métier me donne en parallèle une solide formation complémentaire ! Je suis infirmière anesthésiste et je travaille souvent en pédiatrie, j'ai l'habitude de côtoyer des enfants, le courant passe bien.

Dans la formation du BE, on ne parle pas suffisamment de l'enseignement enfant, c'est dommage. Pour la plupart des gens, ce n'est pas valorisant d'être "le prof qui amuse les gosses" là où d'autres se réservent à des publics adultes confirmés plus intéressants techniquement. On préfère être celui "qui a formé x 3e dan" que celui qui remet les ceintures jaunes à la marmaille des tatamis ! Il y a un vrai effort de communication à faire là-dessus. Le cours enfant est d'ailleurs celui qu'on laisse le plus facilement à l'assistant, ou à celui qui veut "se faire la main" pour préparer un BF... quelle aberration ! C'est justement celui qui demande le plus d'imagination, de connaissances formelles du public (développement psycho-moteur, capacités cognitives selon l'âge...) et de qualités relationnelles ! Et il y a un savoir être qui ne s'apprend pas vraiment, qu'on peaufine avec l'expérience. 


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L'Aïkido est une parfaite école de vie pour les plus jeunes : l'état d'esprit est primordial, et est très bien perçu par les enfants et leurs parents. Les valeurs de l'Aïki, notamment le respect de l'autre, sont au centre de tout l'apprentissage. Dans cet environnement sécurisé, chacun prend confiance en l'autre et en soi, il est plus facile d'aller vers l'autre lorsqu'on est sûr que son profeseur garantit la sécurité.

Physiquement, tout le corps travaille, de façon symétrique. Il n'y a pas de latéralisation marquée comme c'est le cas en tennis par exemple. Sur le tatami, les efforts sont alternés entre la rapidité et l'endurance, tout le corps se délie et se muscle harmonieusement. Les plus petits apprennent à coordonner leur corps, à tester ses possibilités. Au fur et à mesure de la progression, on apprend le goût de l'effort, la recherche de la précision technique, la concentration. Cela sert pour toute la vie !

Mentalement, apprendre à chuter et à se relever dans la foulée est très constructif pour l'enfant, cela dédramatise beaucoup de situation d'échec. Le fait d'alterner les rôles entre Tori et Uke relativise les rapports de dominance, permet aux plus timides de s'affirmer, aux plus téméraires d'apprendre à écouter l'autre.


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Au Gonojukan, nous avons réfléchi à un vrai projet pédagogique pour l'enseignement enfant, nous ne nous contentons pas de faire de "l'Aïkido simplifié" comme c'est malheureusement le cas dans d'autres dojos. Il y a réellement une pédagogie adaptée à chaque tranche d'âge, et c'est très enrichissant de réfléchir aux différentes façons d'aborder une même technique avec trois groupes d'âges différents. Avec les plus petits, les 4/6 ans, il faut utiliser des images, raconter des histoires, rassurer, encourager, c'est une relation très affective. Les aïkidokas de 9/10 ans réclament de la reconnaissnce et de l'autonomie, il faut la leur donner tout en rappelant le cadre de la vie au dojo pour les aider à se construire, c'est un vrai rôle éducatif. J'aime beaucoup le public adolescent : certains sont empruntés avec leur corps qui se modifie un peu trop rapidement et compensent par énormément de témérité. Les ados, rien ne leur fait peur et leur enthousiasme est communicatif ! Il y a une très bonne ambiance dans ces cours, beaucoup d'humour, et nous sommes attentifs à faire passer les messages de protection de soi et d'hygiène de vie. 

Pour tous, la dynamique du groupe est également importante. Le binôme Tori-Uke est présenté comme une équipe solidaire où chacun doit aider l'autre à progresser afin de s'améliorer ensemble.

Souvent, les parents me disent "depuis que mon fils fait de l'Aïkido, il ne se fait plus chahuter à l'école" ou "ma fille a refusé de se battre avec la chipie de la cour d'école en disant à la maîtresse que Aurore avait expliqué qu'il fallait être gentils les uns avec les autres". Cela fait vraiment chaud au coeur de pouvoir transmettre des valeurs et un état d'esprit aux plus jeunes. Ils sont plus réceptifs sur ce point que les adultes ! Avec les enfants, le sens du Budo comme une école de vie destinée à forger des hommes meilleurs prend vraiment tout son sens. 

 

Comment vois-tu l'avenir de l'Aïkido en France ? 

 

Ouh, là, question épineuse ! Il y a un réel problème de communication autour de l'Aïkido. Face à la multiplicité de l'offre en arts martiaux et en sports de combat, il faudrait vraiment travailler sur l'image de l'Aïkido. 

Quand je passais le BE, un candidat au BE2 avait rédigé un écrit sur la "gérontocratie en Aïkido". Il a touché un point polémique mais vrai. L'expérience est évidemment la plus essentielle des qualités à valoriser, mais certains pratiquants plus jeunes et moins gradés mériteraient aussi d'être mis en avant aux côtés des anciens, notamment en terme de communication. Sans tomber dans les mauvais aspects de la dérive purement sportive, en Judo Teddy Rinner n'est "que" 2e dan, pourtant il donne envie à plein de jeunes de monter sur le tatami ! 

L'Aïkido est un art martial traditionnel en lequel je crois vraiment, mais on a tendance à le présenter comme tout et son contraire dans l'espoir de toucher le plus grand nombre, ce qui n'est pas le cas, et qui nuit à la perception qu'en on les gens. Aïkido bien-être ? Il faut rappeler alors à beaucoup de donneurs de leçons que les clés articulaires ne doivent pas être verrouillées vingt fois de suite lorsqu'on est à l'entraînement... Aïkido self défense ? Oui sur les principes, mais l'application pratique en hakama et dans le code ne peut pas être utilisable telle quelle.

L'Aïkido est un art martial qui prend beaucoup de sens dans la vie moderne, c'est un atout indéniable à développer. Mais l'Aïkido ne rentre pas dans les cases nettes qu'on essaie de lui donner, les motivations des pratiquants sont multiples, on le voit bien en faisant un rapide sondage sur le tatami. L'Aïkido c'est un peu de ça, un peu de ça... mais pas que ça ! 

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Et toi, comment vois-tu ton avenir en tant que pratiquante tout d'abord, puis en temps qu'enseignante ? 

En tant que pratiquante, je subis malheureusement le bon vouloir d'une double blessure au poignet et à la main qui ne se remettra jamais et qui limite mon aisance en tant que Uke sur certaines techniques. Pour les entraînements, je temporise, j'apprends à pratiquer en limitant les répercussions sur ma vie quotidienne ou professionnelle. Mais pour une pratique vraiment intensive c'est au delà de ce que mon articulation peut supporter, je ne veux pas mettre en jeu ma santé à long terme. Je suis vraiment fière d'avoir pu, dans ces conditions, présenter l'examen du 3e dan grâce à une bonne préparation tant technique et mentale que kinésithérapeutique. 

J'espère par ailleurs progresser également dans d'autres disciplines où le poignet est moins sollicité, en Combat Russe par exemple. 

Heureusement, je suis très engagée dans l'enseignement qui me passionne véritablement ! Ma recherche actuelle va vers une meilleure utilisation du corps : au fur et à mesure des années, je me rends compte que beaucoup d'élèves ont énormément de blocages, prennent des postures compliquées là où tout devrait être simple, ce qui les empêche de construire leurs techniques. Cela vient d'un manque de coordination, d'habitudes de vie liées à la sédentarité ou un travail occasionnant des douleurs musculo-squelettiques, souvent aussi d'un manque de conscience de soi. 

Ma grossesse a été une expérience particulièrement enrichissante sur ce point, du fait de la disparition de mes abdos d'une part et du travail prénatal centré sur le bassin d'autre part. Pour continuer à faire de l'Aïkido au fil des mois, il a fallu que je m'interroge, que je ressente, que je m'adapte pour trouver des solutions. J'ai continué les chutes (avec prudence) jusqu'au 6e mois de grossesse, et je ne suis descendue du tatami qu'au moment d'accoucher. Je me suis tournée en complément vers le yoga et la gymnastique japonaise pour aider mon corps à gérer ces transformations, et cela a éclairé d'un autre angle les blocages physiques que je remarque chez certains élèves. Dans les arts martiaux, comme en équitation, la problématique se situe dans le bassin, dans les hanches. Il y a beaucoup d'exercices simples à mettre en place pour redonner de la liberté à cette zone, pillier du corps, et rendre les mouvements techniques plus aisés. Un corps plus disponible, c'est aussi un esprit plus disponible, ce qui est est essentiel quelle que soit la discipline pratiquée.

 

J'espère approfondir les principes pédagogiques qui me tiennent à coeur, continuer à réfléchir sur ma pratique afin d'avoir toujours la pêche en faisant de l'Aïkido, et sur les façons de transmettre cette envie aux autres. 

 

Merci, et bonne continuation à toi !

 

 

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Rédigé par gonojukan

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