Présentation de l'Aïkido

Publié le 6 Janvier 2009

Qu'est ce que l'Aïkido ?
Article publié par Stéphane - Président du Gonojukan.

L'Aïkido est un art martial japonais créé dans la première moitié du XXeme siècle par Morihei Ueshiba.
Le terme Aïkido est couramment traduit par "Voie de l'union des énergies" mais certains spécialistes lui préfèrent la traduction "voie de la concordance des intentions"(vous pouvez sur ce point lire l'excellent ouvrage de Olivier Gaurin "comprendre l'Aïkido"). 



Cet art martial est l'héritier d'une lignée importante des arts martiaux traditionnels japonais (Bujutsu ou "technique de la guerre"), l'Aïkijutsu, longuement éprouvé sur les champs de batailles du moyen-âge japonais par les Bushis du clan Takeda.
Morihei Ueshiba, élève privilégié de Sokaku Takeda, descendant d'une longue lignée de Samouraï et dépositaire du style Daïto Ryu Aïkijutsu, a décidé de faire évoluer le Bujutsu traditionnel en Budo ("voie de la guerre") moderne, suivant en cela le mouvement initié par Jigoro kano à la fin du 19eme siècle qui a donné naissance au Judo et au Kendo.

La réflexion de Kano était que l'étude des arts martiaux traditionnels était condamnée à l'oubli sans une profonde mutation. En effet la fin du 19eme siècle au japon voit la fin de la caste des samouraïs, le port du katana est interdit et le pays entier a une volonté de se moderniser, de s'occidentaliser (vous pouvez voir "le dernier samouraï qui traite de cette période). Tout ce qui ramène à la tradition est méprisé et les japonais s'enthousiasment pour les sports occidentaux. Les Bujutsu tombent peu à peu dans l'oubli, d'autant que le mode de transmission traditionnel est très élitiste, certains maîtres n'ayant qu'une vingtaine d'élèves dans leur vie. Kano décide donc de s'inspirer du modèle sportif occidental pour transformer le Bujutsu en Budo. La finalité n'est plus la destruction d'un adversaire sur le champ de bataille mais la formation et le perfectionnement de l'être humain.

S'inscrivant dans son époque et ayant la volonté de moderniser l'Aïkijutsu dont les intentions guerrières sont en opposition avec ses convictions religieuses fondées sur le respect des êtres vivants et de la nature, Morihei Ueshiba fera dans un premier temps évoluer l'Aïkijutsu en Aïkibudo qu'il enseignera dans les années 30. A noter que cet Aïkibudo originel n'a rien à voir avec l'Aïkibudo français crée par Maïtre Floquet dans les années 70. Il se rapproche plutôt du style Yoshinkan, fondé par Gozo Shioda qui a été le principal élève de Morihei Ueshiba avant-guerre et qui est aujourd'hui enseigné au forces de polices japonaises. 

La seconde guerre mondiale qui se solde par un échec humiliant pour le peuple japonais et par les traumatisme de Hiroshima et Nagazaki va conforter Morihei Ueshiba dans sa volonté de débarrasser sa pratique de toute intention belliciste et guerrière pour en faire un outil de paix. C'est ce qui permettra à l'Aïkido d'être le premier art martial dont l'enseignement a été autorisé par les forces d'occupations américaines. Le terme Aïkido est définitivement adopté après-guerre. L'Aïkido est donc un Budo, sa finalité étant d'utiliser l'apprentissage de techniques guerrières traditionnelles dans un but de construction et d'éducation humaine. Sa spécificité réside dans le refus de la compétition qui exacerbe la volonté de vaincre et dans la recherche d'une issue pacifique aux conflits. L'Aïkidoka va ainsi utiliser la technique martiale issue des Bujutsu dans le but de contrôler l'agressivité de son adversaire sans nuire à l'intégrité physique de ce dernier. La violence appelant la violence, la défaite humiliante appelant la vengeance, l'Aïkido s'emploie donc à créer une spirale positive pour résoudre le conflit, l'agresseur est contrôlé et son agressivité annihilée parce qu'il n'y a pas de volonté de le vaincre.



L'Aïkikaï et l'Aïkido après-guerre

L'Aïkikaï est crée en 1940 par Kisshomaru Ueshiba (deuxième fils de Morihei Ueshiba) avec l'appui de son père pour promouvoir le développement de l'Aïkido. Son dojo central est le Hombu Dojo situé à Tokyo. C'est surtout Kisshomaru Ueshiba et Koichi Tohei qui vont après-guerre diriger l'Aïkikaï et finaliser la modernisation de l'Aïkido en structurant et en codifiant l'apprentissage technique de l'Aïkido pour permettre son développement international. Ils vont rapidement envoyer des émissaires aux quatre coins du monde, c'est ainsi que Tadashi Abe, Masimichi Noro ou Noboyoshi Tamura seront envoyés en France. Par extension le terme Aïkikaï définit le style d'Aïkido répandu par Kisshomaru Ueshiba qui se caractérise par la fluidité des techniques, la relative concision du panel de techniques, et le refus de l'efficacité immédiate mais plutôt une recherche de la justesse et de l'acquisition des principes de l'aïkido.

Jusqu'à sa mort en 1969, Morihei Ueshiba enseigna principalement au Dojo familial d'Iwama son élève principal étant Morihiro Saito. De fait certains pensent que Morihiro Saito est le vrai dépositaire de l'Aïkido de Morihei Ueshiba et de nombreux pratiquants occidentaux sont allés suivre son enseignement à Iwama en tant qu'Uchi-Deschi. C'est ainsi que quelques-uns de ses élèves ont créé leur propre mouvement se réclamant d'Iwama ou de Saïto. On trouve ainsi en France l'école Iwama Ryu de Daniel Toutain ou le Takemusu Aïkido International de Philippe Voarino, mais jusqu'à sa mort en 2002, Morihiro Saïto (d'autre part enseignant à l'Aïkikaï) refusera de reconnaître aucune de ces écoles.
Des élèves de Morihei Ueshiba vont aussi créer leur propre école (comme Shioda avec le Goshinkan ou le Yoseikan Aïkido de la famille Mochisuki), des aikidokas créer leur propre mouvement (Floquet avec l'Aikibudo, Toutain avec Iwama Ryu ou Gérard Blaize avec l'AFATJ), certains n'hésitant pas à mixer l'Aïkido avec d'autre disciplines (comme le real Aïkido de Vracarevic ou l'Aiki Tai Do).

Il y a donc une grande pluralité d'écoles et de styles en Aïkido. Et c'est là encore une des particularités en Aïkido c'est que la technique, même si elle a des fondements communs n'est pas figée et qu'il y a une part d'adaptabilité dans le respect de principes fondamentaux. La technique n'est qu'un outil au services de la compréhension de principes. Elle peut donc prendre des formes diverses en fonction de l'enseignant. Ainsi à l'Aïkikaï dont le but est pourtant d'unifier le mode de l'Aïkido il y a de nombreux professeurs aux styles très différents. Seigo Yamagushi, par exemple, a eu un rôle déterminant dans la formation de Christian Tissier.


Aujourd'hui en France

La situation en France reste cependant assez simple. Il y a deux fédérations qui sont reconnues par l'Etat et officiellement chargée de l'attribution des grades Dan en Aïkido ; la FFAAA (Fédération Française d'Aïkido, Aïkibudo et Affinitaires) et la FFAB (Fédération Française d'Aïkido et Budo). L'Aïkido a fait partie de la FFJDA (Fédération Francaise de Judo et Discipline Associées) jusqu'en 1982, décidant alors de s'émanciper, Nobuyoshi Tamura a créée la Fédération Francaise Libre d'Aïkido qui deviendra la FFAB, Christian Tisser créant lui la FFAAA. Seule la FFAAA et la FFAB sont habilitées à décerner des grades Dan en Aïkido et elles organisent aussi les passages de Brevet d'Etat d'Educateur Sportif en Aïkido. Cela n'empêche pas des fédérations indépendantes d'exister, en dehors de cette reconnaissance Etatique, et de représenter une multitude de facettes de l'Aïkido. Le fait d'appartenir à une des fédérations reconnues par l'Etat apporte cependant un certains nombre de garanties quant aux qualités techniques et pédagogiques des enseignants. Elle apporte aussi le gage de pratiquer conformément à une ligne générale technique admise en Aïkido.


Et le Gonojukan ?

Nous sommes affiliés à la FFAAA et suivons le style Aïkikaï par le biais de l'enseignement de Maître Christian Tissier "Shihan" (modèle technique) 7eme Dan Aïkikaï, expert reconnu mondialement pour ses qualités techniques et pédagogiques. Les techniciens que nous suivons régulièrement et qui dirigent couramment les stages que notre club organise sont Michel ERB (DTR Franche-Comté 5eme Dan), Gilbert Maillot (5eme Dan) et Hervé Guenard (6eme Dan).
Nos enseignants sont titulaires de Dan délivrés par l'Etat et du BEES 1er degré en Aïkido, notre club est en tout point conforme aux règles d'hygiène et de sécurité édictées par l'Etat ainsi qu'aux diverses obligations de déclaration et d'assurance.

Nous pratiquons donc un Aïkido qui se réclame de l'Aïkikaï et qui suit la ligne générale transmise par Christian Tissier, un Aïkido qui se pense en tant que système éducatif physique et mental, la pratique pédagogique étant axée sur la compréhension de principes qui peuvent par la suite, une fois le corps et l'esprit formés et une certaine maîtrise acquise, être appliqués martialement de façon plus courte et efficace avec le souci constant de respecter l'intégrité de l'adversaire.


 

Rédigé par gonojukan

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