Aïkido et grossesse (1/3)

Publié le 31 Mai 2012

article écrit par Aurore


 

La grossesse est l'un des rares moments où aïkidokas hommes et femmes ne sont pas égaux sur le tatami. Les bouleversements physiques engendrés par ce nouvel état, plus ou moins bien supportés selon les personnes, obligent à adapter sa pratique et à faire preuve d'adaptabilité dans son calendrier d'entraînement !

En vrai rejeton d'éducateur sportif, mon bébé a décidé de s'installer pile pour les 9 mois couvrant toute la saison, de septembre à juin... Cet article est le premier d'une série de trois, consacrés à la conciliation entre la pratique de l'Aïkido et le statut de future maman.

 

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La grossesse est une succession de changements, et ce qui est valable à un moment donné ne l'est plus la semaine suivante. Il faut donc gérer les entraînements et les stages au jour le jour ou presque, et oublier tout entraînement intensif et préparation de grade dan : la grossesse est en effet une contre-indication pour se présenter à l'examen même si pour l'heure les modalités de contrôle restent floues.  


Il existe d'ailleurs peu de recommandations officielles à ce sujet, mais un peu de bon sens suffit généralement pour concilier intelligemment aïkido et maternité. Continuer à pratiquer sa passion apporte des bénéfices certains au niveau moral et physique : amélioration du retour veineux, prise de poids plus modérée, stimulation de l'appétit, disponibilité des articulations avec notamment le travail du bassin et des hanches, très présent en aïkido... et très utile pour préparer l'accouchement. 


 

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crédit photo : Isignstock


De manière globale, et en dehors de toute pathologie, les points à prendre en considération sont les suivants :

 

- du point de vue de la femme : fatigue, plus grande laxité ligamentaire, augmentation du travail cardiaque, diminution de l'adaptation à l'effort physique, augmentation du volume abdominal et de la poitrine, ainsi que tous les "petits maux de la grossesse" (sic)* variables selon les personnes : nausées, troubles du transit, problèmes circulatoires, vertiges, douleurs dorso-lombaires etc... 

 

- du point de vue de l'aïkido : chutes, ukemi et nombreuses immobilisations se terminant à plat ventre, clés mettant les articulations en tension, intensité cardio-vasculaire adaptable selon l'exercice (recherche technique, randori...)

 

- du point de vue du bébé : risque de fausse couche majoré le premier trimestre, risque traumatique de décollement placentaire, dette d'oxygène en cas de trop grand effort de la mère, risque d'accouchement prématuré en cas d'efforts violents ou de pressions sur l'utérus.


 

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crédit photo : Isignstock

 

Il est donc essentiel d'adapter sa pratique suivant l'évolution des adaptations de son corps au fur et à mesure de l'avancée de la grossesse. Pour cela, les conseils du gynécologue et de la sage-femme sont importants, mais le ressenti de la future maman est primordial : chacun est différente, avec un vécu sportif diffférent, des capacités différentes et une façon personnelle de vivre la grossesse.

Dans le prochain article, je prendrai comme cas concret ma propre expérience au fil des mois.

 

 

 

* ce doux euphémisme a sans doute pour auteur un homme, qui n'a donc jamais eu des jours et des nuits littéralement empoisonnés par tous ces désagréments variés et sans fin qui conduisent plus d'une femme à s'interroger sur la pertinence de notre espèce à se reproduire... 

 

 

"Jusqu'à la 6e semaine de grossesse, la pratique même intensive n'est pas contre-indiquée car l'utérus est protégé des traumatismes directs par le pelvis. Ensuite, plusieurs règles sont à respecter : les chutes sont autorisées mais doivent être contrôlées (amorties) - les techniques avec atémi sur le ventre sont évidemment à éviter. Si la grossesse se déroule sans incident, la pratique est théoriquement possible, bien que réduite, jusqu'au 8e mois de grossesse. Après l'accouchement, la reprise peut être autorisée dès le 45e jour à un rythme peu soutenu, sauf si la femme allaite. Ce n'est qu'à partir du 3e mois qu'un entraînement régulier, voire intensif peut reprendre. 

(source : commission médicale FFAB - revue destinée aux médecins "Tempo Medical") " 

 


Rédigé par gonojukan

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