Aïkido et Grossesse (3/3)

Publié le 31 Octobre 2012

article écrit par Aurore

 

Après avoir vu les spécificités de l'aïkidoka enceinte (Aïkido et grossesse (1/3) ) et un journal de bord de la gestion de la grossesse sur le tatami     (Aïkido et grossesse (2/3) ), il est temps d'aborder... la reprise ! 

 

AurAthKimono

 

En effet, contrairement aux idées reçues, la grossesse ne se termine pas à l'accouchement. Le corps, qui a subi 9 mois de bouleversements et d'incroyables adaptations, demande un peu de temps pour retrouver son fonctionnemnt habituel. Ces quelques semaines qui suivent l'accouchement sont les fameuses "suites de couches"...

 

Ce nom un peu mystérieux désigne en fait le retour progressif à la normale de tout le métabolisme de la jeune maman. Au niveau hormonal tout d'abord : après le "big crush" du à l'accouchement, les cycles se remettent en place rapidement.

Au niveau physique, les modifications anatomiques s'estompent : le ventre perd son volume, tout comme les seins (sauf si la maman allaite), les tissus cicatrisent et se retendent, la laxité articulaire disparait.  


Cette période est marquée par trois freins à la reprise d'une activité sportive :

- les saignements : ils durent plusieurs semaines et peuvent être abondants. Les tissus en cours en cicatrisation et les risques d'infection accrus empêchent l'utilisation de protections internes. 

- le périnée : muscle de soutien primordial, il a été particulièrement malmené durant la grossesse et l'accouchement. Très étiré, il ne remplit plus que partiellement son rôle. Il devient dangereux de le solliciter à ce moment-là (notamment en contractant les abdominaux... comme à chaque mouvement sur le tatami). Le périnée nécessite une rééducation, avec des exercices spécifiques durant plusieurs semaines pour rertouver sa tonicité. En l'absence du feu vert de votre sage-femme ou de votre kiné, inutile de vous précipiter sur le tatami... Pour quelques jours d'impatience, vous pourriez garder des séquelles comme des fuites urinaires à l'effort, qui sont très fréquentes. Alors patience...

- la fatigue : en fin de grossesse, le repos est souvent très difficile : gros ventre qui limite les positions de repos, bébé qui bouge, essouflement etc... L'accouchement est ensuite une véritable épreuve sportive pour la corps, et le déluge d'émotions, les brutales variations hormonales sont très fatigantes. Deplus bien sûr, ce petit bébé tout juste arrivé demande énormément d'attention et de soins, à des heures qui n'ont rien à voir avec des horaires de bureau ! La nouvelle organisation familiale peut prendre un peu de temps à se mettre en place. La maman, même très aidée par le papa, a souvent beaucoup de peine à se reposer. Son attention est ailleurs, sa vigilance peut être très diminuée est favoriser les accidents d'inattention. 


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Les suites de couches durent environ six à huit semaines. Il faut voir cette période comme une transition entre le break de la maternité et le retour à une activité sportive habituelle. Un exercice physique modéré, comme la gymnastique japonaise, permet de préparer le corps aux entraînements à venir, à condition de toujours respecter les consignes de rééducation du périnée. Ainsi le retour sur le tatami pourra se faire en toute sérénité et sera l'occasion d'un nouveau départ plein d'énergie !


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Hormis un cours une semaine après mon accouchement en juin, j'ai repris les entraînements début septembre. Le premier stage de ligue de la saison a servi de test, autant pour moi (forme physique générale, endurance cardio-vasculaire, tonus musculaire) que pour la gestion du bébé (les 4h de stage étant forcément entrecoupées de pauses-biberons). Au fond de mon sac j'ai retrouvé avec nostalgie ma ceinture noire élastique spéciale gros bidon... mais je n'en ai plus besoin. Sur les premières chutes je me suis sentie toute légère ! Le résultat a donc été concluant... Mon bébé s'imprègne tranquillement de l'ambiance du dojo et s'endort au bord du tatami, nullement impressionné par le bruit des chutes ! 


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Pour ma part, cette période a coïncidé avec la coupure des vacances d'été. Pas de stage donc, et repos obligé du fait de l'absence de cours hebdomadaires en juillet-août. Ainsi, pas de frustration et pas de tentation ! Je remercie vraiment mon bébé pour son timing parfait : la grossesse qui s'installe progressivement parallèlement à l'avancée des cours, l'accouchement idéalement survenu en fin de saison sportive, et le retour sur le tatami sans perturbation, en septembre comme chaque année ! 

Rédigé par gonojukan

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