Publié le 6 Janvier 2009

Article publié par Stéphane - Président du Gonojukan.

Attention, cours spécial le samedi 24 janvier 2009 de 10h à 12h à la MSI (6 rue de Bruxelles), c'est Isabelle DENOJEAN qui sera notre invité.




Isabelle est 3eme Dan BF, présidente et enseignante du club de Lons-le-Saunier, véritable moteur de l'Aïkido Franc-Comtois.
Elève régulière de Hervé GUENARD (6eme dan), enseignant à Bourg-en-Bresse qui l'a beaucoup aidé dans sa préparation au 3eme Dan, Isabelle a développé un Aïkido d'une extrême fluidité qui accorde une importance primordiale aux rapports entre tori et uke. Avec elle pas question pour Uke de se reposer et d'attendre la fin de la technqiue passivement, au contraire Uke est un élément constitutif de la réalisation de la technique et ce sans complaisance mais avec le développement d'une vraie relation martiale.

Régulièrement présente aux cours du samedi matin, Isabelle nous fait le plaisir de partager son enseignement avec nos adhérents et nous la remercions vivement !



 

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Publié le 6 Janvier 2009

Interview publiée initialement par Aurore sur Aikidoka.fr

Michel Erb est Délégué Technique Régional pour la FFAAA. Il se partage entre la Lorraine, la Bourgogne et la Franche-Comté, où se situe son fief, non loin du Château des Ducs de Montbéliard. Fort de son 5è dan Aïkikaï et enrichi d'un BEES 2, il sait mettre à profit sa jeunesse et sa sympathie pour dynamiser les pratiquants, en France comme à l'étranger. Il nous fait aujourd'hui le plaisir de nous exposer sa vision de l'Aïkido comme principe de communication.
 

 

  

Aïkidoka Magazine :  Lors de tes débuts en Aïkido, tu as suivi simultanément plusieurs professeurs. Quelle était ton attente ?

 

Michel Erb : Lors de mes débuts en Aïkido, j'avais 14 ans et du fait de ma situation géographique, je me suis inscrit dans le club d'Aïkido le plus proche. Il y avait en effet plusieurs professeurs qui y enseignaient. Par la suite, dès que j'ai pu me déplacer en voiture de manière indépendante, je me suis mis à la recherche d'autres enseignants pouvant combler ma soif de savoir. A cette époque, ma seule attente était probablement de multiplier les entraînements afin d'acquérir le maximum de connaissances. 
 

A.M. :Aujourd'hui, conseillerais-tu à un débutant de s'investir également auprès de plusieurs professeurs ?

M.E. : Avant tout, je pense que le choix d'un professeur et d'une forme de pratique est un acte très important dans le parcours d'un pratiquant. En effet, il faut que le débutant puisse s'identifier à ce que propose un enseignant. Pour cela, il doit se renseigner, aller voir et pour finir, faire son choix en fonction de sa propre sensibilité. 

L'apprentissage de notre discipline repose sur la mise en place de repères techniques proposés à l'intérieur d'un cadre clairement défini et constant. C'est justement le rôle du professeur de proposer cela à ses élèves. Il est fondamental pour le pratiquant de ne pas se perdre dans le dédale des différentes expressions de l'Aïkido ; en ce sens, la multiplication des professeurs est risquée.  

Bien sûr, il peut être intéressant et complémentaire de s'ouvrir ponctuellement à la pratique d'un autre professeur, surtout s'il s'agit d'un expert de haut niveau, lors d'un stage par exemple. Cependant, il convient de ne pas oublier que la recette de la progression réside dans la régularité et l'assiduité auprès du ou des professeurs incarnant notre sensibilité de pratique.     

La situation aujourd'hui est bien différente de celle de l'époque où j'ai débuté ma pratique. En effet, un débutant peut trouver assez facilement un professeur diplômé d'état, reconnu par ses pairs, pouvant lui proposer un encadrement basé sur un savoir faire et une certaine pédagogie.
 

A.M. : Tu dis que ta rencontre avec Christian Tissier a marqué un tournant décisif dans ta façon de travailler. Qu'est-ce qui t'a interpellé dans la pratique de C. Tissier Shihan lorsque tu l'as découvert ?

M.E. : Lors de ma première rencontre avec Christian Tissier, c'est simplement toute l'approche de l'Aïkido que je m'étais construite jusque-là qui a été soudain profondément remise en cause ! Je pense que de nombreux pratiquants ont vécu cela et que beaucoup continuent à le vivre aujourd'hui sur tous les continents !  Les images qui me restent de ce moment sont celles de l'expression de la précision et de la pureté à travers une fluidité déconcertante. De plus, Christian éclairait et enrichissait ses cours d'explications extrêmement pédagogiques. Cela était très déroutant pour moi, mais représentait parfaitement ce que je recherchais. En fait, c'est sa maitrîse simultanée d'un ensemble impressionnant de paramètres, dont je n'avais même pas soupçonné l'existence à ce stade de ma pratique, qui m'a permis d'identifier au moins clairement deux choses : 

je voulais lui ressembler

pour cela j'allais devoir travailler énormément ! 


A.M. : Depuis 1987, tu t'es rendu plusieurs fois à l'Aïkikaï. Considères-tu ce voyage comme nécessaire dans la vie d'un aïkidoka ?

M.E. : Je pense qu'il est parfaitement possible de pratiquer notre discipline sans pour cela être obligé de se rendre à l'Aïkikaï. Il est même probable que le plus grand nombre des pratiquants n'éprouve pas le besoin de se rendre au berceau de la discipline, ou n'en a pas la possibilité et je respecte cela. 

Personnellement, mon besoin de visiter l'Aïkikaï  de Tokyo découlait naturellement de la profondeur de mon engagement. Je voulais vivre au Japon et pratiquer avec les plus grands experts mondiaux. De plus, j'ai vécu mon premier voyage un peu comme une sorte de parcours initiatique, à travers lequel je suivais les pas de ceux qui m'ont précédé...

 

A.M. : Penses-tu qu'il sera nécessaire pour toi d'y retourner au cours de ta carrière d'aïkidoka ?

M.E. : J'essaie durant ma vie de me former sans cesse et de vivre mes passions. Ainsi, je suis persuadé que chaque entraînement au Hombu Dojo me fera le plus grand bien et me donnera beaucoup de plaisir.  D'ailleurs, je projette déjà d'y retourner car le Japon est un pays qui me fascine et je suis très loin d'avoir pu étancher ma soif de découverte. 


A.M. : Quels sont les professeurs qui t'ont le plus marqué au Hombu Dojo ?

M.E. : Lors de mon premier voyage, je me suis obligé à pratiquer sous la direction de différents experts afin d'apprécier la richesse de l'enseignement proposé au Hombu Dojo. Ainsi, j'ai effectué tous les cours quotidiennement. Lors des voyages suivants, ma sensibilité m'a dirigé vers certains professeurs en particulier. J'ai été impressionné par Kisshomaru Ueshiba et son fils Moriteru (actuel Doshu) mais également par Yamaguchi Senseï, Tada Senseï, Masuda Senseï, Endo Senseï, Yasuno Senseï et Seki Senseï. J'ai également eu le privilège de pouvoir assister à quelques cours d'Osawa Senseï (père). Chacun d'eux m'a apporté quelque chose qui m'a permis de construire ma recherche, et ce que je suis aujourd'hui.  


A.M. : Lors de tes stages, tu insistes beaucoup sur l'ukemi. Quelle sensibilité essaies-tu de développer chez Uke ? 

M.E. : Je conçois l'Aïkido comme un art au sens noble du terme, permettant, à travers la pratique de techniques martiales, de vivre un échange basé sur le principe de la communication. Cet échange donne les moyens à chaque pratiquant de prendre conscience de lui-même à travers ses craintes ou ses difficultés physiques. Il peut ainsi travailler à son perfectionnement  en étudiant les mouvements qui, à eux seuls, contiennent tous les outils utiles à cette prise de conscience. 

Pendant cette étude, Uke et Tori ont chacun un rôle précis à tenir. Ainsi, à mon sens, le rôle d'Uke ne se résume pas uniquement à réaliser une attaque pouvant permettre à Tori d'effectuer sa technique, puis de chuter de manière plus ou moins accrobatique. En effet, Uke se doit de continuer à maintenir, durant toute la durée de l'échange, les conditions nécessaires à la réalisation de la technique effectuée. Cela n'a rien à voir avec une complaisance quelconque, car l'action fluide et souple d'Uke se caractérise également à travers un placement rigoureux et précis appelant de la part de Tori des qualités d'exécution de plus en plus fines. Ainsi, un aspect du rôle d'Uke peut également être de mettre en lumière la perfectibilité de la technique de Tori. Cela peut parfois même passer par des phases de “blocages éducatifs” permettant une meilleure prise de conscience, par Tori, de points particuliers à travailler; le tout, bien sûr, dans un esprit bienveillant et constructif. 

En fait, je suis persuadé que l'Aïkido ne peut pas se réduire à un simple système d'auto-défense. En ce sens, je mets très souvent l'accent sur cette vision du rôle d'Uke. Enfin, je pense que l'étude rigoureuse du rôle de chacun durant l'exercice technique permet d'entrevoir les possibilités de variations et au final, d'applications.        


A.M. : Quels sont alors les travers de Uke qui te semblent le plus nuisibles ?

M.E. : Comme je l'ai précisé précédemment, l'Aïkido est un échange à travers le mouvement. Ainsi, chaque pratiquant  perçoit à travers le mouvement uniquement ce que sa sensibilité lui permet de ressentir à un moment donné. En ce qui concerne le travail d'Uke, il est certain que toutes les formes de raideur ou, à l'inverse, un esthétisme démesuré, contribuent à limiter cette perception. De plus, et bien que connaissant par avance le déroulement de l'échange, Uke ne doit jamais anticiper les placements et déplacements de Tori, ou mettre en place une forme de compétition ou de contre systématique. Cependant, les travers nuisibles à Uke sont les mêmes que ceux nuisibles à Tori, car durant l'expérience de la pratique, l'un est le miroir de l'autre. Il me semble d'ailleurs qu'un des rôles du professeur est de cadrer cela de manière pédagogique.  


A.M. : Tu as été récemment félicité par C. Tissier pour ton essentielle contribution à l'élévation du niveau régional.  Comment conçois-tu ton rôle de DTR ?

M.E. : Il est vrai que l'éloge suprême pour un professeur c'est d'être félicité par son propre professeur pour le travail accompli. En ce sens, j'ai été très honoré que Christian Tissier  ait apprécié, lors de ce stage national (Vesoul, 16/03/2008, NDLR), la ligne de travail et le progrès des pratiquants présents. 

En ma qualité de Délégué Technique Régional, j'essaie de fédérer les pratiquants autour de la ligne de travail que j'ai choisie et qui découle de ma propre sensibilité. De plus, il est important de proposer aux élèves et aux professeurs une méthode de travail,  qui leur permet de ne pas se laisser envahir par des certitudes mais au contraire de cultiver un esprit d'ouverture et un besoin de recherche. En cela, les stages de Christian Tissier, que je suis régulièrement, m'aident beaucoup. 


A.M. : Qu'attends-tu des enseignants de club ?

M.E. : Les enseignants ne se rendent pas toujours compte qu'ils sont les véritables moteurs de leur club. Ils suscitent la motivation des débutants et doivent l'entretenir tout au long de leur pratique. Ceci n'est pas toujours simple, j'en conviens ! Cependant, en se sclérosant dans un coin ou en se privant de tout échange avec les autres pratiquants ou enseignants, toute progression devient difficile. J'en suis intimement convaincu, car dans n'importe quel domaine ou profession, la remise en question et l'échange avec les autres sont une nécessité d'évolution. Il en est de même dans notre discipline...  


  

A.M. : As-tu le sentiment que le niveau technique est plus difficile à maintenir en province qu'en région parisienne ?

M.E. : Aujourd'hui en France, il faut tout de même constater que la plupart des régions disposent d'un encadrement technique très compétent. Ainsi, je ne suis pas certain que le niveau technique soit plus difficile à maintenir en province qu'en région parisienne. En fait, je pense plutôt que ce sont la motivation et les moyens que chaque pratiquant se donne qui vont déterminer la qualité de sa pratique. 
 

A.M. : Merci Michel pour le temps que tu nous a consacré.

M.E. : Merci à vous.


Pour en savoir plus :
http://michelerb.fr

http://www.aikido-franchecomte.com/

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Rédigé par gonojukan

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Publié le 6 Janvier 2009

Le stage du 7 décembre 2008 à Besançon a été un franc succès puisqu'il nous a permis d'accueillir 53 participants venus de Franche-comté, Bourgogne, Alsace, Lorraine, Rhône-Alpes et Suisse.
Premier stage de ligue organisé à Besançon depuis de nombreuses années, cette réussite prouve que la capitale franc-comtoise peut être un site-clé pour le développement régional, voire extra-régional, de l'Aïkido. 



Le service des sports de la Ville de Besançon a mis gracieusement le Gymnase Diderot à disposition de la ligue. Un léger malentendu a fait que nous n'avons pu disposer que de 160m2 au lieu des 220 disponibles, mais une telle participation n'était pas attendue et les capacités d'accueil ont atteint leurs limites. Il serait idéal que la ligue puisse disposer du Pôle Sportif des Montboucons, base d'entraînement du Pôle Espoir Judo de Franche-Comté, pour l'organisation de ce type de stage. 

Bien que payé par le contribuable Bisontin, le Pôle Sportif des Montboucons est le terrain de jeu quasiment exclusif de la FFJDA et il est géré par un organisme privé qui applique des tarifs disproportionnés par rapport aux moyens des associations sportives (plus de 40 euros de l'heure). De fait, en dehors de quelques stages nationaux (Stage Tamura organisé par la FFAB par exemple) qui peuvent réunir plus d'une centaine de participants, la salle est inaccessible financièrement. Il est donc dommage que cette salle ne puisse être mise à disposition des associations sportives le nécessitant parce qu'il est certain que cela donnerait une bien meilleure image de la Ville de Besançon à nos Hôtes Bourguignons, Lyonnais, Alsaciens ou Savoyards que les immeubles de Planoise. 

Le stage était dirigé par Michel ERB, 5eme Dan Aïkikaï, BE2 d'Aïkido et Directeur Technique Régional de Franche-Comté, élève de Christian Tissier et enseignant à Montbéliard, Delle et Guebwiller. 
Ce stage a fait la part belle à la pratique des armes avec 1h30 de ken, illustrant bien la part de plus en plus importante consacrée à l'étude du ken et plus particulièrement du Kashima Shin Ryu au sein de la FFAAA.






La bonne humeur était de mise comme c'est souvent le cas en Aïkido et ce stage a été l'occasion de remettre les diplômes Dan des candidats ayant réussi leurs passages de grades en juin dernier. Julien HENRIET, enseignant au Gonojukan de Besançon et à l'IUT de Montbéliard s'est ainsi vu remettre son 3eme Dan des mains de Michel ERB et Alain GUILLAUME (président de la ligue de Franche-Comté).





Ce stage a donc été une belle réussite et nous espérons que la ligue réitérera l'organisation de stages sur Besançon avec l'objectif d'améliorer la capacité d'accueil. 
 

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Publié le 6 Janvier 2009

Article publié par Stéphane - Président du Gonojukan.

Les élèves des cours enfants et adolescents ont passé leur première ceintures avant les fêtes de Noël !

Le groupe des enfants (de 5 à 10 ans) a passé sa première "barrette" (il en faut trois pour faire un Kyu) avec succès.
Les adolescents ont pu passer directement leur ceinture jaune qui reflète bien leur niveau actuel, les chutes étant parfaitement intégrées ainsi que les techniques de base du 5eme Kyu.

 



Ces cours ont été crées à la Maison de Velotte à la rentrée 2008 et ont lieu tous les vendredi soir de 17h à 18h pour les enfants de 5 à 10 ans et de 18h à 19h pour les adolescents de 10 à 16 ans. Le cours compte déjà 8 enfants et 4 adolescents, ce qui est encourageant pour un début, d'autant que les résultats obtenus en quelques mois sont très prometteurs.

L'Aïkido est particulièrement bénéfique et très formateur pour les jeunes. Les techniques d'Aïkido favorisent l'apprentissage de la latéralisation et le développement psycho-moteur. Equilibre, coordination, concentration et esprit de détermination sont aussi des points clés du travail en Aïkido, sans aucun des traumatismes souvent constatés dans la pratique des arts martiaux chez les jeunes, puisqu'il n'y a pas de compétition et que le respect de l'intégrité morale et physique des partenaires d'entraînement est au coeur de la pratique.





De même, l'apprentissage de notions d'étiquette (règles de comportement), la transmission de valeurs propres au budo japonais (respect, honnêteté, loyauté, courtoisie, honneur, sagesse, sincérité) et la recherche de résolutions pacifiques et constructives aux situations de conflit font de l'Aïkido une école de vie profitable à tous.


 

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Publié le 6 Janvier 2009

Qu'est ce que l'Aïkido ?
Article publié par Stéphane - Président du Gonojukan.

L'Aïkido est un art martial japonais créé dans la première moitié du XXeme siècle par Morihei Ueshiba.
Le terme Aïkido est couramment traduit par "Voie de l'union des énergies" mais certains spécialistes lui préfèrent la traduction "voie de la concordance des intentions"(vous pouvez sur ce point lire l'excellent ouvrage de Olivier Gaurin "comprendre l'Aïkido"). 



Cet art martial est l'héritier d'une lignée importante des arts martiaux traditionnels japonais (Bujutsu ou "technique de la guerre"), l'Aïkijutsu, longuement éprouvé sur les champs de batailles du moyen-âge japonais par les Bushis du clan Takeda.
Morihei Ueshiba, élève privilégié de Sokaku Takeda, descendant d'une longue lignée de Samouraï et dépositaire du style Daïto Ryu Aïkijutsu, a décidé de faire évoluer le Bujutsu traditionnel en Budo ("voie de la guerre") moderne, suivant en cela le mouvement initié par Jigoro kano à la fin du 19eme siècle qui a donné naissance au Judo et au Kendo.

La réflexion de Kano était que l'étude des arts martiaux traditionnels était condamnée à l'oubli sans une profonde mutation. En effet la fin du 19eme siècle au japon voit la fin de la caste des samouraïs, le port du katana est interdit et le pays entier a une volonté de se moderniser, de s'occidentaliser (vous pouvez voir "le dernier samouraï qui traite de cette période). Tout ce qui ramène à la tradition est méprisé et les japonais s'enthousiasment pour les sports occidentaux. Les Bujutsu tombent peu à peu dans l'oubli, d'autant que le mode de transmission traditionnel est très élitiste, certains maîtres n'ayant qu'une vingtaine d'élèves dans leur vie. Kano décide donc de s'inspirer du modèle sportif occidental pour transformer le Bujutsu en Budo. La finalité n'est plus la destruction d'un adversaire sur le champ de bataille mais la formation et le perfectionnement de l'être humain.

S'inscrivant dans son époque et ayant la volonté de moderniser l'Aïkijutsu dont les intentions guerrières sont en opposition avec ses convictions religieuses fondées sur le respect des êtres vivants et de la nature, Morihei Ueshiba fera dans un premier temps évoluer l'Aïkijutsu en Aïkibudo qu'il enseignera dans les années 30. A noter que cet Aïkibudo originel n'a rien à voir avec l'Aïkibudo français crée par Maïtre Floquet dans les années 70. Il se rapproche plutôt du style Yoshinkan, fondé par Gozo Shioda qui a été le principal élève de Morihei Ueshiba avant-guerre et qui est aujourd'hui enseigné au forces de polices japonaises. 

La seconde guerre mondiale qui se solde par un échec humiliant pour le peuple japonais et par les traumatisme de Hiroshima et Nagazaki va conforter Morihei Ueshiba dans sa volonté de débarrasser sa pratique de toute intention belliciste et guerrière pour en faire un outil de paix. C'est ce qui permettra à l'Aïkido d'être le premier art martial dont l'enseignement a été autorisé par les forces d'occupations américaines. Le terme Aïkido est définitivement adopté après-guerre. L'Aïkido est donc un Budo, sa finalité étant d'utiliser l'apprentissage de techniques guerrières traditionnelles dans un but de construction et d'éducation humaine. Sa spécificité réside dans le refus de la compétition qui exacerbe la volonté de vaincre et dans la recherche d'une issue pacifique aux conflits. L'Aïkidoka va ainsi utiliser la technique martiale issue des Bujutsu dans le but de contrôler l'agressivité de son adversaire sans nuire à l'intégrité physique de ce dernier. La violence appelant la violence, la défaite humiliante appelant la vengeance, l'Aïkido s'emploie donc à créer une spirale positive pour résoudre le conflit, l'agresseur est contrôlé et son agressivité annihilée parce qu'il n'y a pas de volonté de le vaincre.



L'Aïkikaï et l'Aïkido après-guerre

L'Aïkikaï est crée en 1940 par Kisshomaru Ueshiba (deuxième fils de Morihei Ueshiba) avec l'appui de son père pour promouvoir le développement de l'Aïkido. Son dojo central est le Hombu Dojo situé à Tokyo. C'est surtout Kisshomaru Ueshiba et Koichi Tohei qui vont après-guerre diriger l'Aïkikaï et finaliser la modernisation de l'Aïkido en structurant et en codifiant l'apprentissage technique de l'Aïkido pour permettre son développement international. Ils vont rapidement envoyer des émissaires aux quatre coins du monde, c'est ainsi que Tadashi Abe, Masimichi Noro ou Noboyoshi Tamura seront envoyés en France. Par extension le terme Aïkikaï définit le style d'Aïkido répandu par Kisshomaru Ueshiba qui se caractérise par la fluidité des techniques, la relative concision du panel de techniques, et le refus de l'efficacité immédiate mais plutôt une recherche de la justesse et de l'acquisition des principes de l'aïkido.

Jusqu'à sa mort en 1969, Morihei Ueshiba enseigna principalement au Dojo familial d'Iwama son élève principal étant Morihiro Saito. De fait certains pensent que Morihiro Saito est le vrai dépositaire de l'Aïkido de Morihei Ueshiba et de nombreux pratiquants occidentaux sont allés suivre son enseignement à Iwama en tant qu'Uchi-Deschi. C'est ainsi que quelques-uns de ses élèves ont créé leur propre mouvement se réclamant d'Iwama ou de Saïto. On trouve ainsi en France l'école Iwama Ryu de Daniel Toutain ou le Takemusu Aïkido International de Philippe Voarino, mais jusqu'à sa mort en 2002, Morihiro Saïto (d'autre part enseignant à l'Aïkikaï) refusera de reconnaître aucune de ces écoles.
Des élèves de Morihei Ueshiba vont aussi créer leur propre école (comme Shioda avec le Goshinkan ou le Yoseikan Aïkido de la famille Mochisuki), des aikidokas créer leur propre mouvement (Floquet avec l'Aikibudo, Toutain avec Iwama Ryu ou Gérard Blaize avec l'AFATJ), certains n'hésitant pas à mixer l'Aïkido avec d'autre disciplines (comme le real Aïkido de Vracarevic ou l'Aiki Tai Do).

Il y a donc une grande pluralité d'écoles et de styles en Aïkido. Et c'est là encore une des particularités en Aïkido c'est que la technique, même si elle a des fondements communs n'est pas figée et qu'il y a une part d'adaptabilité dans le respect de principes fondamentaux. La technique n'est qu'un outil au services de la compréhension de principes. Elle peut donc prendre des formes diverses en fonction de l'enseignant. Ainsi à l'Aïkikaï dont le but est pourtant d'unifier le mode de l'Aïkido il y a de nombreux professeurs aux styles très différents. Seigo Yamagushi, par exemple, a eu un rôle déterminant dans la formation de Christian Tissier.


Aujourd'hui en France

La situation en France reste cependant assez simple. Il y a deux fédérations qui sont reconnues par l'Etat et officiellement chargée de l'attribution des grades Dan en Aïkido ; la FFAAA (Fédération Française d'Aïkido, Aïkibudo et Affinitaires) et la FFAB (Fédération Française d'Aïkido et Budo). L'Aïkido a fait partie de la FFJDA (Fédération Francaise de Judo et Discipline Associées) jusqu'en 1982, décidant alors de s'émanciper, Nobuyoshi Tamura a créée la Fédération Francaise Libre d'Aïkido qui deviendra la FFAB, Christian Tisser créant lui la FFAAA. Seule la FFAAA et la FFAB sont habilitées à décerner des grades Dan en Aïkido et elles organisent aussi les passages de Brevet d'Etat d'Educateur Sportif en Aïkido. Cela n'empêche pas des fédérations indépendantes d'exister, en dehors de cette reconnaissance Etatique, et de représenter une multitude de facettes de l'Aïkido. Le fait d'appartenir à une des fédérations reconnues par l'Etat apporte cependant un certains nombre de garanties quant aux qualités techniques et pédagogiques des enseignants. Elle apporte aussi le gage de pratiquer conformément à une ligne générale technique admise en Aïkido.


Et le Gonojukan ?

Nous sommes affiliés à la FFAAA et suivons le style Aïkikaï par le biais de l'enseignement de Maître Christian Tissier "Shihan" (modèle technique) 7eme Dan Aïkikaï, expert reconnu mondialement pour ses qualités techniques et pédagogiques. Les techniciens que nous suivons régulièrement et qui dirigent couramment les stages que notre club organise sont Michel ERB (DTR Franche-Comté 5eme Dan), Gilbert Maillot (5eme Dan) et Hervé Guenard (6eme Dan).
Nos enseignants sont titulaires de Dan délivrés par l'Etat et du BEES 1er degré en Aïkido, notre club est en tout point conforme aux règles d'hygiène et de sécurité édictées par l'Etat ainsi qu'aux diverses obligations de déclaration et d'assurance.

Nous pratiquons donc un Aïkido qui se réclame de l'Aïkikaï et qui suit la ligne générale transmise par Christian Tissier, un Aïkido qui se pense en tant que système éducatif physique et mental, la pratique pédagogique étant axée sur la compréhension de principes qui peuvent par la suite, une fois le corps et l'esprit formés et une certaine maîtrise acquise, être appliqués martialement de façon plus courte et efficace avec le souci constant de respecter l'intégrité de l'adversaire.


 

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Publié le 4 Janvier 2009




Bienvenue sur le Blog du Gonojukan, 
Cercle Bisontin d'Aïkido et de Kenjutsu !

Ce blog a pour vocation de vous informer sur la pratique de l'Aïkido et des Bujutsu à Besançon.

Le Gonojukan est une association déclarée crée en 2006 par Aurore Mamet-Gaiffe (2eme Dan Aïkido) et Stéphane Gaiffe (2eme Dan Aïkido BE1) dont la délégation technique a été attribuée à Julien Henriet (3eme Dan Aïkido BE1). Son but est de promouvoir la pratique des Arts Martiaux et de l'Aïkido.
Le Gonojukan compte aujourd'hui plus d'une quarantaine de licenciés et organise de nombreux stages avec des techniciens haut-gradés sur Besançon.

Le club compte 3 sections :
- Section Aïkido adultes (à partir de 15 ans)
Les cours ont lieu le lundi soir de 20h à 21h30 à la Maison de Velotte (37 rue des journaux), le mercredi soir de 19h à 20h30 à la Maison des Sports (6 rue de bruxelles) et un samedi sur 2 de 10h à 12h à la Maison des Sports.

- Section Aïkido Enfants et Adolescents
Les cours ont lieu le vendredi soir à la Maison de Velotte, de 17h à 18h pour les 5-10 ans et de 18h à 19h pour les 10-15 ans.

- Section Kenjutsu
Cette section est consacrée à la pratique  du kenjutsu en général et du style "Kashima Shin Ryu" en particulier.
Les cours ont lieu à la Maison de Quartier de Saint-Ferjeux le jeudi soir de 19h30 à 20h30.

Si vous souhaitez en savoir plus sur ces cours vous pouvez vous connecter sur le site officiel du Gonojukan :
http://gonojukan.free.fr
Vous pouvez aussi nous joindre au 06 72 52 79 85 ou par mail sur gonojukan@free.fr

Si vous êtes intéressé, n'hésitez pas à venir nous voir et à essayer l'Aïkido ou le kenjutsu (sans aucun engagement de votre part !).

A bientôt sur le Tatami !

Article publié par Stéphane - Président du Gonojukan. 

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