Publié le 24 Mars 2009


Article publié par Stéphane - source Wikipédia


Contrairement à l’imaginaire collectif, lorsque l’on manie le katana, la coupe se fait uniquement avec les dix premiers centimètres de la lame. Cette partie est appelée monouchi, littéralement « objet qui frappe ». 

Le katana est généralement tenu à deux mains.

Le combattant doit s'attacher à ne montrer aucune intention, afin de pouvoir surprendre son adversaire. Lors du combat, il s'attache à garder sa rectitude aussi appelée posture (shisei) afin d'être toujours équilibré.


        


La tenue du sabre
 

Au cours de l'histoire, les armes ont évolué, et donc la tenue du sabre également en fonction :

• de la longueur et du poids des armes
lourdes aux époques de guerres sur champ de bataille à cause des armures à transpercer, avec port de gants (kote) ; légères en période de paix, lames plus fines, maniement plus subtil.

• des progrès de la métalurgie qui modifièrent les sabres ;

• de l'évolution des techniques de combat, avènement du iaijutsu (frapper en dégainant dans un seul mouvement).

Il existe de nombreuses façons de tenir le sabre.
Les écoles anciennes (ko ryu) ont des saisies différentes - saisie naturelle, comme s'il s' agissait d' un oeuf pour ou plus forte, comme une saisie de hache de bûcheron selon l’école. Aujourd'hui, le développement moderne des Budo (kendo et Iaïdo) a généralisé un type de saisie commun. Cette saisie n'est pas aisée à assimiler, elle n'est pas spontanée. La poignée (tsuka) du grand sabre 
a la longueur de trois largeurs de paumes. On positionne la main droite en haut de la poignée, contre la garde, et la main gauche en bas de la poignée, le petit doigt étant à cheval sur le bord de la poignée (kashira) ; ce placement est le même pour les gauchers et les droitiers. Ceci permet d'avoir à la fois

une puisance de coupe, donnée par la main basse : le sabre étant tenu par son extrémité, le rayon décrit par le bout de lame (monouchi) lors d'une coupe (切, giri) est le plus grand et donc la vitesse maximale ;

une précision de coupe, donnée par la main haute qui guide.

Les mains doivent être sur le dessus de la poignée ; ceci paraît évident lorsque l'on coupe avec un couteau, mais cette position est peu naturelle lorsque l'on tient le sabre à deux mains, et ce d'autant plus que comme on n'effectue plus de coupe réelle (sauf les pratiquants de batto do), les pratiquants n'expérimentent pas l'importance de la chose. Il faut donc se forcer à tourner les mains sur l'intérieur, dans un mouvement similaire à l'essorage d'un linge, afin que la base de l'index et le milieu du talon de la paume soient en contact avec le dessus de la poignée ; on utilise l'expression te no uchi, « intérieur des mains », ou encore shibori. Les avantages qu'on en retire lorsqu'on l'a acquise sont nombreux : réduction du risque de tendinite, l'adhérence de la poignée est parfaite sans occasionner de crispation ; c'est une saisie légère et efficace, rendant pratiquement impossible le désarmenent.

Cette position doit être conservée constamment, notamment lors des changements de garde ; par exemple lorsque l'on arme pour frapper de haut en bas (garde dite jōdan no kamae), cette position des mains limite l'élévation des bras, les mains se retrouvent au dessus du front et ne peuvent pas passer au dessus de la tête. Si l'on coince un objet entre les deux poignets, l'objet ne doit pas tomber lors des mouvements.

Par contre, cette saisie fait perdre en mobilité et provoque des contractions musculaires chez le débutant. Il peut donc être judicieux, à la discrétion de l'enseignant, de ne pas porter trop d'attention à la tenue dans un premier temps afin de ne pas bloquer le pratiquant. Par ailleurs, certains mouvement de réception du sabre adverse (parade, bien que la notion soit différente de l'escrime européenne) nécessitent le relâchement de cette tenue afin d'amortir le choc et de conserver l'équilibre.

Il est également important de garder les coudes dirigés vers le bas. Le buste doit rester droit (shisei) afin de maintenir l'équilibre, le bas du dos relâché afin de permettre une grande mobilité, les épaules sont également relâchées. La tête est placée légèrement en recul, comme si l'on voulait aligner le front, le menton et le nombril sur une ligne verticale, afin de protéger le visage.



Les différentes gardes (kamae)

 

La garde, ou kamae en japonais, est une position correspondant au début ou à la fin d'une coupe. C'est logiquement une position d'attente en début de combat. Les gardes se font à gauche (hidari) et à droite (migi), de manière symétrique à l'exception de la position des mains sur la poignée (tsuka) qui ne varie pas.

Les cinq principales gardes sont :

seigan no gamae : l'escrimeur est de face, le sabre pointé devant lui ; si l'on poursuit la courbe de la lame, la courbe passe entre les deux yeux de l'adversaire, le sabre est ainsi à une hauteur moyenne (chūdan) ; cette garde permet de frapper d'estoc (tsuki) ou bien de changer de garde pour effectuer une coupe (« armer » le coup) ;

 hassô no gamae : le sabre est tenu lame vers le haut, la poignée (tsuka) au niveau de l'épaule ; il est prêt à frapper en diagonale vers le bas (kesa giri) ;

• jōdan no gamae : le sabre est tenu au-dessus de la tête (position haute, jōdan), lame pointant vers le haut, prêt à frapper de haut en bas (shōmen) ;

• gedan no gamae : le sabre est tenu pointe en bas, la poignée au niveau du bassin (position basse, gedan), prêt à frapper en diagonale vers le haut (gyaku kesa giri).

 waki no gamae : le sabre est tenu horizontalement, au niveau du ventre, la pointe dirigée sur le côté ;

Pour la garde à gauche (hidari waki no gamae), le pied gauche est reculé, et du fait de la position des mains sur la poignée (tsuka), le poignet droit couvre le poignet gauche ;

pour la garde à droite (migi waki no gamae), le pied droit est reculé.


La garde la plus usitée en kashima est Mu Kamae, une garde basse qui donne l’impression de ne pas être prêt mais qui permet de jaillir dans toutes les directions.

L'orientation du plan de la lame (hasuji) est capitale. Lorsque l'on est en garde, le sabre doit pouvoir couper sans qu'il soit besoin de faire pivoter la lame ; la lame est déjà dans le plan de coupe lorsque l'on est en garde.


Les différents coups

 

Les cinq principaux coups sont :

tsuki : coup d'estoc ; l'inclinaison de la lame dépend des conditions :
- si l'adversaire est en armure avec un gorgerin, il faut faire pénétrer la lame sous le gorgerin puis la tourner afin de le soulever ;
- si l'on pique à la gorge (non protégée), on peut incliner la lame afin de la faire ressortir par une coupe horizontale au lieu de lui faire faire « marche arrière » ;
- si l'on tient la lame horizontale, cela fragilise grandement la préhension et le risque de se faire désarmer est important ;

shōmen : coupe du haut vers le bas (men désignant la tête) ; la coupe part d'une garde jōdan no gamae et arrive à une garde chūdan (plus basse que la garde geidan no gamae) ;

kesa giri : coupe en biais de haut en bas, tranchant de la base du cou aux côtes flottantes de l'autre côté ; on parle parfois de yokomen (« côté de la tête ») ;
- soit elle part d'une garde hassō no gamae, et arrive à une garde proche de gedan no gamae,
- soit elle part d'une garde jōdan no gamae, le coup ayant alors la forme d'une virgule ;

gyaku kesa giri (« kesa giri inversée ») : coupe diagonale de bas en haut ; elle part d'une garde gedan no gamae, elle exige un replacement pour reprendre une garde (par exemple hassō no gamae) ;

yoko guruma (« roue latérale »), ou do giri (coupe de la cuirasse), ou encore ichimonji (le sabre a un mouvement similaire au pinceau écrivant le kanji ichi) : coupe horizontale au niveau du ventre ; elle se fait d'une garde waki no gamae, et en fin de coupe, il suffit de faire pivoter les poignet pour avoir la garde waki de l'autre côté.


Les parades et contres
 

La notion de parade est très différente de la notion européenne. En effet, en kenjutsu, on ne cherche pas à bloquer la lame (à l'exception des techniques d'arrêt : domaru waza ou uchi dome), car cela l'émousserait et risquerait de la briser, ou bien on risquerait de la lâcher. La défense consiste plutôt à « recevoir » la lame de l'adversaire (ukeru), c'est-à-dire à esquiver le coup tout en mettant sa lame au contact de celle de l'attaquant, afin de la contrôler et que celui-ci ne puisse pas frapper à nouveau ; les deux lames glissent l'une contre l'autre.

Dans l'idéal, l'esquive-parade permet de se replacer et de contre-attaquer.

Parmi les techniques élémentaires, citons :

kiri kaeshi (contre-coupe), ou uke nagashi (recevoir et continuer) : contre une coupe venant d'en haut (shōmen, éventuellement kesa giri) ou un coup d'estoc (tsuki), mouvement consistant à monter les mains et orientant la pointe de la lame vers la bas, pour laisser glisser la lame de l'attaquant contre la lame levée (la lame protège l'avant-bras) tandis que l'on fait un pas de côté, ce qui permet de frapper ensuite en une coupe diagonale (kesa giri) ;

maki otoshi (renversement en rouleau) : contre une coupe venant d'en haut (shōmen) ou une attaque d'estoc (tsuki), on recule d'un pas en contrôlant la lame, puis on écarte la lame par un mouvement de rouleau (maki) ce qui crée l'ouverture pour frapper (mouvement proche d'un « contre-de-sixte » ou d'un « contre-de-quarte » de l'escrime française) ;

kiri otoshi : en partant d'une garde hasso, lorsque l'adversaire coupe, on effectue un coupe par-dessus à 45 ° de sa coupe ou du plan de sa lame (hasuji) ; s'il attaque shomen ou tsuki, on coupe en kesa giri ;

kiri age : en partant d'une garde basse (gedan), lorsque l'adversaire coupe, on remonte son sabre selon une trajectoire diagonale, mais contrairement à une coupe gyaku kesa giri, c'est le flanc de la lame, ou le dos, qui intercepte la coupe.

Dans la logique japonaise, les termes ci-dessus ne décrivent pas une forme mais plutôt un principe de combat (de même qu'un kanji peut avoir plusieurs sens). Par exemple, maki otoshi peut s'exécuter en écartant la lame avec un mouvement de coupe plutôt qu'un mouvement d'enroulement et la coupe peut même servir à écarter la lame et à frapper dans le même mouvement (forme dite i to i shin, « un sabre, un corps »).

On peut travailler les contre des contres. Par exemple, un mouvement maki otoshi écarte la lame de l'attaquant par un mouvement de rouleau ; celui-ci peut alors continuer le mouvement circulaire et passer sous la lame de l'adversaire se placer de manière à la frapper (tsuki). L'adversaire peut alors tenter d'écarter la lame de l'autre côté (vers sa droite)…

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Rédigé par gonojukan

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Publié le 24 Mars 2009


Article publié par Aurore et Stéphane

Le 15 mars 2009 dernier, Christian Tissier Shihan, fondateur et chef de file de la FFAAA a pour la troisième année consécutive dirigé un stage national en Franche-comté. Organisé par le Club de Lons-le-Saunier et la ligue de Franche-comté ce stage a été un franc succès avec plus de 160 participants. Le club de Lons-le-Saunier avait pour l’occasion aménagé une surface de tatamis de plus de 450m2.




 

Christian Tissier Shihan, a mis l’accent sur le travail des bases jugeant que les points clés n’étaient pas “fixés”. Il a longuement insisté sur le fait que les techniques de base doivent être très rigoureuses avec des points clés à respecter même si ces points, marqués lors de l’apprentissage doivent ensuite disparaître pour accéder à un technique fluide. 


Le fait qu’ils ne soient plus marqués lors de l’application plus fluide de la technique ne signifiant pas pour autant qu’ils n’existent plus, mais simplement que la dynamique de la technique fond le mouvement, ceci n’étant possible que lorsque la base rigoureuse des techniques est assimilée. 






 

Les défauts constatés étant de travailler sur des “marqueurs” erronés, ou alors de corrompre ces “marqueur” lors du travail dynamique et fluide de la technique. Christian Tissier Shihan a aussi relevé une certaine “perversion” dans le travail de uke “trop éduqués” qui réagissent de manière inapropriée à la technique de tori qui du coup doit travailler sur des “marqueurs” irréalistes pour pouvoir développer ses techniques.


L’acquisation rigoureuse de ces point de repères est nécessaire pour pouvoir passer à un travail plus dynamique. Une piqûre de rappel nécessaire pour les enseignants et un guide pédagogique précieux pour les pratiquants.





 

Christian Tissier Shihan a comme d’habitude été très accessible, corrigeant chacun quelque soit son niveau et répondant aux questions et sollicitations des participants. Il nous a démontré avec brio une technique d’une fluidité et d’une construction remarquables qui nous rappelle le but à atteindre... encore 50 ans de pratique et c’est sûr nous y arriverons aussi !


Il a remercié Michel Erb pour le travail d’encadrement accompli au niveau régional et salué la présence de Hervé Guénard et Bernard Millet.


Le prochain stage de Christian Tissier Shihan dans l’est aura lieu le 26 avril à Mulhouse.


 

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Rédigé par gonojukan

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Publié le 10 Mars 2009

Article publié par Stéphane

Un karateka m’a fait récemment la remarque suivante : “l’Aïkido, c’est du cinéma parce que le type chute alors qu’il n’y est pas obligé”. C’est d’ailleurs un point sur lequel les débutants se posent souvent la même question. La réponse la plus courante est qu’en Aïkido, nous n’avons pas la volonté de contraindre l’adversaire et que nous le laissons libre dans sa gestion de la chute. C’est d’ailleurs souvent une déformation pédagogique : le débutant ayant généralement une forte appréhension, il est nécessaire, à des fins d’apprentissage, de le laisser libre de gérer sa chute pour lui éviter de se blesser. Ceci l’aide à vaincre cette appréhension, le fait d’être seul responsable et gestionnaire de son ukemi étant rassurant.


La problématique est que l’on finit par fixer ces formes de travail intermédiaires et que l’on oublie de créer un vrai déséquilibre chez Uke. Ce que perçoit le spectateur, qui a conscience d’un simulacre. 


D’autre part, toujours dans un but de sécurisation du partenaire, afin de lui permettre de chuter alors qu’il subit une clé articulaire, on va assister à une codification nécessaire de l’ukemi, Uke apprenant à anticiper sa chute en fonction des signaux corporels que Tori lui envoie (n’oublions pas que 80% de la communication est non-verbale).

Tout comme un spécialiste des frappes apprend à lire une attaque, en Aïkido Uke apprend à lire les intentions de son partenaire. En effet, Uke sait très bien que dès qu’on passe la vitesse supérieure dans l’exécution de la technique, il va devoir anticiper légèrement sa chute pour éviter la contrainte articulaire qui peut être très douloureuse. 


Ainsi, le choix d’une chute surpassée sur kotegaeshi est un acte volontaire de Uke, qui de cette manière va accompagner la torsion du poignet que lui fait subir Tori afin d’éviter de sévères lésions au niveau des tendons. On en arrive à cette différence fondamentale des chutes en Aïkido par rapport aux projections d’autres disciplines martiales, à savoir que la chute est souvent le choix d’Uke. Dans le cas de kotegaeshi, c’est bien Uke qui choisit de faire une chute surpassée, que Tori ne peut lui imposer, pour éviter la clé du poignet et sauvegarder son intégrité. 

 


Sur les kokyunage par exemple, Tori ne peut imposer de chuter à Uke, même si le déséquilibre est correctement effectué, par manque de leviers bio-mécaniques. Uke chute parce que l’attitude de Tori, son placement, sa prise d’axe, sa gestion de la distance sont tels que que s’il ne chute pas, Tori pourra lui appliquer d’autres techniques beaucoup plus létales. La chute en Aïkido est donc un choix stratégique qui contre ainsi en partie les intentions martiales de Tori.


Cette notion est difficile à appréhender pour un spectateur extérieur qui, en voyant une chute surpassée sur Kotegaeshi, comprend bien qu’il ne s’agit pas d’une projection de la part de Tori mais d’un acte volontaire de Uke. Ce schéma sort du cadre de lecture classique des situations de confrontation dans les arts martiaux et sports de combat, ce qui fait que le spectateur ne le comprend pas et l’assimile au mieux à du cinéma, au pire à de la danse.


Il est certain qu’aucun agresseur non-éduqué n’aura un tel réflexe sur kotegaeshi ! Cette chute permet donc aux partenaires de travailler à une vitesse d’exécution réaliste sans risque de blessure puisque Uke accompagne et neutralise le retournement du poignet en surpassant sa chute, ceci n’empêchant pas Tori de finaliser sa technique par une immobilisation au sol. On respecte donc le principe d’intégrité de l’Aïkido qui permet aux deux partenaires de travailler de manière sécurisée, tout en créant une situation de combat où Uke et Tori sont tous deux gagnants.


Cet échange d’intentions est donc très difficile à comprendre pour des pratiquants d’autres disciplines qui reposent sur des confrontations artificielles (puisque régulées). Ainsi en Judo, la chute est imposé au partenaire, on le saisit, on instaure un déséquilibre puis on sape ses appuis, en le décollant du sol (projeté de hanche ou d’épaule), ou en lui balayant les jambes (balayage ou fauchage), voire en plaçant un barrage (jambe) qui force Uke à passer par dessus. Ces éléments sont parfois combinés dans une même technique. On est donc bien dans un répertoire de projection, Tori projetant volontairement Uke qui ne peut s’y soustraire. En Aïkido, en dehors de quelques techniques appelées Otoshi ou des Koshinage, la projection est généralement un choix stratégique de Uke lui permettant de se soustraire à la violence possible de Tori. Les rôles sont donc inversés. 

 


Une autre lecture est également possible de la chute en Aïkido, si on quitte le plan pédagogique et que l’on se place sur un plan de pure recherche d’efficacité martiale. Une remarque de Saïto Senseï rapporte cette réflexion de O Senseï : la projection en Aïkido sert à se débarrasser d’un corps mort. On est ici très loin de la voie d’harmonie qu’est devenu l’Aïkido, mais si on se replace dans le contexte de la genèse des Bujutsu par les guerriers japonais de l’époque féodale, l’explication possible est que la technique “Aïki” doit permettre de neutraliser physiquement de manière radicale son adversaire avant l’étape de projection. Ceci force à repenser le rôle des atemis et des clés à l’origine de l’Aïkido... On doit aussi reconsidérer la prise d’initiative pour avoir une lecture inversée à double sens de l’Aïkido, où les rôles de Uke et de Tori changent de nature.


Nous voilà donc très loin d’une lecture simpliste des situations martiales imposées par des confrontations régulées et qui peuvent laisser croire à certains que l’Aïkido est de la danse ou du cinéma... et si il s’agissait simplement de conserver les secrets martiaux de l’Aïkido aux yeux du plus grand nombre ?


 
Demandez donc aux Uke d'Hervé Guénard si c'est du cinéma l'Aïkido...

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Rédigé par gonojukan

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Publié le 10 Mars 2009

Article publié par Stéphane
 

Le 28 février nous avons eu l’occasion de faire notre premier cours commun avec les karatékas du Sauvegarde Karaté Club. Fruit d’un échange technique, le but de ce partage des savoirs était de faire approfondir les atemis aux aïkidokas, et les ukemi aux karatékas. Chacun respectant les talents de l’autre, nous nous sommes retrouvés sur le même tatami pour cette très intéressante initiative. Le cours a ainsi été dirigé en partie par Julien et en partie par Fodé NDao, 3eme Dan de Karaté, plusieurs fois médaillé au niveau national et international, éducateur sportif breveté d’état et coach sportif professionnel. 
 



 

Malgré un petit couac d’organisation dû à l’emploi du temps bien rempli de Fodé, nous avons pu travailler les tsukis en oï tsuki et gyaku tsuki, les enchaîner sur des déplacements et appliquer un exercice de bunkaï (application pratique) à l’Aïkido. Cet exercice était une nouveauté pour beaucoup et a permis aux aïkidokas de se confronter à une situation de gestion d’un partenaire moins coopérant et lisible que d’habitude... Une expérience qui a retenu l’attention de nos adhérents.

 

A noter que pour finaliser “l’échange” nous sommes quelques aïkidokas à être allés assister Fodé dans son cours réservé à la préparation des karatékas compétiteurs, plus tard dans la journée. Le but pédagogique de Fodé était d’amener ses compétiteurs à ouvrir leur regard et leur esprit sur d’autres disciplines. L’action a cependant tourné à la confrontation Aïkido-Karaté, ce qui peut sembler inévitable compte-tenu du caractère de la compétition en Karaté. L’exercice n’a pas pour autant tourné au désavantage de l’Aïkido, même s’il faut être conscient qu’appliquer une technique d’Aïkido sur un karatéka motivé mais qui n’en connaît pas les codes représente un certain danger pour les deux protagonistes. Il faut tout à la fois faire preuve d’une grande détermination, de tact et de retenue, pour que les clés ne blessent pas.

 

 
Travail des atemi avec Fodé 

 

L’échange technique ayant été jugé constructif pour les deux parties, nous essaierons de le reproduire régulièrement, selon des thèmes établis (exprimez vos souhaits !).

 

Dans le même esprit, nous essaierons également d’organiser un cours Aïkido-Judo avec le PSB avant l’été, dont le but sera la “dédramatisation” des projections de hanche communes aux deux disciplines.

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Rédigé par gonojukan

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Publié le 10 Mars 2009

Article publié par Stéphane - Responsable technique de la section Kenjutsu.

Le 21 février dernier a eu lieu un cours intersections à la MSI qui a permis de réunir des aïkidokas et des kenjutsukas autour de la pratique du Kashima de Minoru Inab
a.

Durant ces deux heures de pratique, nous avons abordé les cinq katas du Kihon Tachi ainsi que trois katas du Ura Tachi. 
Ce cours tenait lieu de révision pour les élèves de la section Kenjutsu de Saint-Ferjeux, qui ont travaillé ces katas de manière régulière depuis le mois de septembre. Certains gradés en Aïkido ont pu se rafraîchir la mémoire, ayant eu l’occasion de travailler une partie de ces exercices en stage avec Christian Tissier Shihan ou Michel Erb. 


 





Pour beaucoup d’adhérents de la section Aïkido, cela a permis tout simplement de découvrir une autre approche de l’entraînement au maniement du Ken que celle proposée en Aïkiken. C’est la première fois que les élèves des deux sections se rencontraient et pratiquaient ensemble, et cette rencontre a été appréciée. 


 




Un autre cours spécial intersections sera sans doute organisé avant l’été, et sera consacré aux katas de Iaïjutsu, qui consistent à couper en dégainant le sabre.

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Rédigé par gonojukan

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Publié le 19 Février 2009

Article publié par Stéphane & Aurore.


Cette saison, plusieurs passages de ceintures ont déjà eu lieu au sein de notre club.

Il nous faut ainsi féliciter Christine, Philippe, Florence, David, François, Thierry, Laurent, Amélie, Alexandre et Vincent pour leur ceinture jaune ; Catherine et Fabrice pour leur ceinture orange ; Christophe et Jean-Christophe pour leur ceinture bleue. Bravo à tous !


Les passages de ceinture ont lieu plusieurs fois par an en fonction de la progression technique des élèves et de leur régularité. Il faut ainsi un certain temps de pratique minimum entre chaque grade, réglementé par la fédération. Le programme de chaque ceinture correspond à la fois à une connaissance d’une partie de la nomenclature technique (travail de forme) ainsi qu’à une évolution de la difficulté et de l’exigence dans la démonstration des techniques (travail de fond). 

Cette méthode assure la connaissance de l’ensemble de la nomenclature utilisée pour les passages de grades Dan une fois la ceinture marron acquise.




La progression se fait de la manière suivante en Aïkido :


6eme Kyu - ceinture blanche                 Mudansha

5eme Kyu - ceinture jaune

4eme Kyu - ceinture orange

3eme Kyu - ceinture verte

2eme Kyu - ceinture bleue

1er Kyu - ceinture marron


On peut ajouter une ceinture violette entre la bleue et la marron, pour les adolescents notamment, et des étapes intermédiaires entre chaque ceinture pour les enfants (barrettes, ceintures bicolores). Les grades Kyu sont délivrés par les professeurs au sein du club et au nom de la Fédération.


1er Dan (Shodan) - ceinture noire           Yodansha

2eme Dan (Nidan)

3eme Dan (Sandan)

4eme Dan (Yondan)



Passage de 3eme Dan - © Droits réservé Gonojukan


Les grades Dan (“degré”, “marche”, comme une marche d’escalier qu’on gravit pas à pas) sont délivrés par un jury lors de passages organisés au niveau régional ou inter-régional. Ce jury ne fait que proposer les candidats reçus à la CSDGE (Commission Spécialisées des Grades Dans et Equivalents) qui les valide au nom de l’Etat Français.


5eme Dan (Godan) -    Grades de Haut niveau        Kodansha

6eme Dan (Rokudan)

7eme Dan (Nanadan)

8eme Dan (Hachidan)


Ces grades dits de haut-niveau sont décernés sur dossier par un comité spécialisé.


Il existe aussi des grades Aïkikaï décernés par le Hombu Dojo au Japon, centre mondial de l’Aïkido. Ces grades Aïkikaï ne sont reconnus par l’Etat Français qu’à partir du 5eme Dan.





Le fonctionnement traditionnel...


Traditionnellement les Bujutsu n’utilisaient pas ce principe de grades. En ce temps-là, le néophyte désireux de se lancer dans la pratique ne pouvait entrer dans un Dojo que sur recommandation d’un élève plus ancien. Il ne montait pour la première fois sur le tatami qu’après avoir fait preuve de sa motivation pendant des mois, participant à la vie du Dojo comme humble spectateur ou homme de ménage. La reconnaissance du niveau des élèves se matérialisait par la délivrance par le Maître d’une école de certains titres, des certificats de transmission, ou Menkyo :


Menkyo Shoden (transmission de base)

Menkyo Chuden (transmission de niveau moyen)

Menkyo Joden (transmission de niveau haut)

Menkyo Okuden (transmission profonde de l’enseignement secret)

Menkyo Kaiden (transmission de la totalité de l’enseignement). Ce grade permettait à celui qui le recevait de pouvoir succéder à son maître, ou à fonder une autre branche de l’école enseignée par son maître.


Ainsi Morihei Ueshiba a obtenu le Menkyo Kaiden d’Aïkijutsu ce qui lui a permis de fonder sa propre école.





Le système "moderne"...


Notre système de grades actuel (Kyu Do Ha) a été mis au point par Jigoro Kano, “l’inventeur” du Judo, qui s’est inspiré du fonctionnement des armées occidentales pour moderniser la pratique. Initialement il n’existait que deux couleurs : la ceinture blanche ou la ceinture noire. Ensuite, les couleurs ont davantage différencié la progression, avec la blanche du 6eme au 4eme Kyu, marron du 3eme au 1er Kyu, noire ensuite. Le système des ceintures de couleur a été mis au point en Europe dans les années 20-30 C’est Mikinosuke Kawaishi qui l’a popularisé en France dans les années 30. 


Issu d’un monde de guerre, le système des Menkyo n’était plus adapté au monde de paix dans lequel devait évoluer le Budoka. Il n’est aujourd’hui plus question de conserver des secrets entre écoles rivales, de vérifier la loyauté d’un élève des années durant avant de lui distiller le savoir, mais simplement de permettre à chacun une progression, au niveau technique comme au niveau personnel. 


On attend aussi d’un gradé qu’il respecte les valeurs de son art (voir par exemple la signification des 7 plis du hakama) et fasse preuve de qualités morales même en dehors du tatami. C’est pourquoi il existe également des grades honorifiques, décernés parcimonieusement et parfois à titre posthume, à des aïkidokas ayant particulièrement oeuvré pour leur art martial.





 © Droits réservé Gonojukan


En Aïkido l’utilisation des ceintures de couleurs est laissée à la discrétion de l’enseignant. Certains enseignants préfèrent ainsi utiliser deux couleurs, la ceinture blanche pour les grades Kyu et la ceinture noire pour les grades Dan, considérant qu’afficher son grade par la couleur de sa ceinture est un signe de prétention. Au Gonojukan, nous préférons utiliser les ceintures de couleurs, qui créent une correspondance avec les autres Budo (Judo, Karaté...) car elles permettent de matérialiser la progression. Elles deviennent alors une stimulation personnelle, et d’un point de vue pratique, permettent à l’enseignant de connaître d’un coup d’oeil le niveau des différents participants à son cours.


Il est de bon ton dans les arts martiaux japonais de ne pas “donner des leçons” à un élève plus ancien ou plus gradé que soi. Le fait d’afficher la couleur permet d’éviter ainsi certaines fautes de bienséance (étiquette). Il est aussi admis couramment qu’un élève ne dispose pas d’un niveau nécessaire pour juger ou corriger un autre élève avant le grade de 1er Dan. Il existe cependant un principe d’entraide dans la pratique des Budo, qui fait que les anciens du club (Sempaï) ont pour responsabilité d’aider à la formation des nouveaux (Kohaï). L’idée est donc d’aider l’autre à s’améliorer en développant la positivité, la délicatesse et la confiance, plutôt que le jugement et la réprimande.





Et le Hakama ?


Concernant le hakama, pantalon traditionnel des samouraïs (originellement un pantalon de cavalier : à l’occasion voyez le costume traditionnel de la poste hongroise), il symbolise un certain engagement dans la pratique ainsi qu’un niveau global. En Aïkido, le hakama est traditionnellement bleu indigo ou noir. Les blancs, gris et rayés sont réservés aux circonstances particulières, aux cérémonies ou aux très grands Senseï. C’est le professeur qui autorise chaque élève à le porter, selon ses propres critères.

Ainsi, certains enseignants le donnent systématiquement au bout de deux années de pratique, quel que soit le niveau technique atteint. D’autres le couplent à l’obtention du 4eme ou du 1er Kyu. 

Au Gonojukan nous le décernons entre le 2eme et 1er Kyu. Il est à nos yeux le signe d’une certaine maturité, dans l’attitude comme dans la technique. D’un point de vue pratique, le port du hakama masque le travail des pieds et des jambes, occultant au professeur une partie du travail de l’élève qui devient alors plus difficile à corriger. L’obtention au 4ème kyu nous semble donc trop précoce. De plus, l’aïkidoka doit disposer de suffisamment de temps pour se familiariser avec son hakama avant le passage de la ceinture noire, ce qui rend son obtention après le 1er Kyu trop tardive. Au 2eme kyu, le pratiquant possède une base technique satisfaisante, il est riche d’un certain vécu sur le tatami, s’est forgé une expérience amenant à quelques réflexions sur sa pratique et les portées de son art, ce qui rend ce moment idéal pour autoriser le port du hakama.



Quelle que soit votre motivation à décrocher “la ceinture noire”, n’oubliez jamais qu’un art martial n’est pas qu’une succession de techniques, et gardez-vous d’entrer dans une course à la ceinture ! On n’attend pas d’un aïkidoka qu’il soit un robot sans âme capable seulement de reproduire une série de formes techniques. Forgez votre corps, forgez votre coeur, et laissez-vous le temps d’y parvenir. Bonne progression à tous !





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Rédigé par gonojukan

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Publié le 19 Février 2009

Article publié par Stéphane


Force est de constater que la méthode pédagogique généralement utilisée en Aïkido est la pédagogie par reproduction ou mimétisme. L’enseignant démontre un mouvement que les élèves s’appliquent à reproduire. En effet la nature même des techniques martiales des Budo, de par leur codification, leur fonction d’étude et du fait de la recherche d’une précision absolue dans l’exécution d’un mouvement en dehors des contraintes d’un vrai combat rend les autres formes de pédagogie difficiles à mettre en application.


Il est quasiment impensable de mettre en place des exercices qui amèneraient l’élève à “trouver” de lui-même un mouvement aussi complexe que shihonage ou ushi kaiten sankyo. Il ne s’agit pas de taper ou lancer un ballon, le mouvement est trop complexe pour pouvoir être “réinventé” spontanément par l’apprenant.





Bujutsu, Budo et compétition
 
Il faut aussi rappeler que la finalité des Budo est une forme d’accomplissement personnel plus qu’une recherche de réalisme et d’efficacité pratique. L’enseignement martial est utilisée comme un moyen d’éducation et de perfectionnement de l’Homme par la transmission de valeurs morales et physiques.

Bien sûr, certains Budo qui pratiquent la compétition développent une forme de recherche d’efficacité pratique, mais dans le cadre de règles (codes) bien précis qui démartialisent la technique pour en faire un jeu. En japonais on ne “pratique” pas l’Aïkido ou le Judo mais on “joue” à l’Aïkido ou au Judo. 

 

L’expression technique est alors débarrassée de ces aspects les plus efficaces (et donc les plus dangereux). Ainsi en Judo, nombre de techniques trop dangereuses en compétition ont été interdites et sont tombées dans l’oubli. La fameuse technique “tempête sur la montagne” (yama arashi) utilisée par Shiro Saigo à l’époque des défis entre écoles de Jujutsu pour démonter la supériorité du Judo est aujourd’hui interdite. Saïgo, qui était avant-tout un grand pratiquant d’Aïkijutsu, tua plusieurs de ses adversaires par l’emploi de cette technique dévastatrice alors qu’il mesurait 1m50.


La compétition dénature donc la martialité de l’expression technique (puisque c’est “pour de faux”) mais aussi la finalité profonde des Budo puisque l’esprit compétitif pousse à certains excès qui sont en contradiction avec les valeurs morales et physiques du Budo (vaincre l’ego, respecter son adversaire, préserver son corps...). Une des motivations de Jigoro Kano en créant le Judo visait à le débarrasser de tout ce qui était trop dangereux (clés, frappes...) pour redorer l’image du Jujutsu. En effet, celui-ci  était, à la fin du 19ème siècle au Japon, souvent considéré par le peuple comme une pratique de voyous, destructrice et violente.

Mais si la compétition peut pousser l’ego à s’affirmer de manière démesurée (“on est des champions”) elle apprend aussi qu’il y a toujours tôt ou tard meilleur que soi, que rien n’est jamais acquis et qu’aucun adversaire ne doit être sous-estimé. Tout champion finit par trouver son tombeur. 





La position de l'enseignant en tant que modèle


Retournons donc à nos moutons, à savoir le modèle pédagogique par imitation. Cette méthode met l’enseignant dans une position particulière, celle du “modèle” à imiter, à reproduire. Qui peut prétendre à ce statut en Aïkido en dehors de quelques hauts-gradés ?

A force de concentrer tous les regards, souvent de débutants ébahis par la maîtrise et la virtuosité de la technique, l’enseignant finit par y croire et à s’autopersuader de la validité de sa démonstration. Et comme aucune compétition ne vient remettre les pendules à l’heure, l’automystification prend racine profondément. 


Il fut un temps où, dans les salles de karaté, le professeur devait battre tous ses élèves en combat à la fin du cours pour prouver qu’il était bien le “maître”. Ces temps sont révolus et aujourd’hui le rôle de l’enseignant d’Arts Martiaux est plus pensé comme celui d’un éducateur sportif, qui doit mettre en oeuvre des connaissances scientifiques appliquées au sport pour “éduquer” ses élèves. Mais ce rôle de modèle technique de “référence” a vite fait d’instaurer une relation de maître à disciple si l‘ego prend peu à peu le dessus.

Heureusement, le fait de rester actif au niveau fédéral, de participer régulièrement à des stages avec des hauts-gradés permet de garder les pieds sur terre. On y prend conscience de ses faiblesses techniques, de ses erreurs voire de ses dérives et cela permet de recaler la transmission technique mais aussi l’ego. Il faut très souvent en Aïkido passer par des phases de profondes remises en question pour pouvoir avancer et progresser.





Un confort ou un piège ?

Ces phases sont parfois très douloureuses psychologiquement. La facilité est donc pour certains enseignants de quitter le rôle de pratiquant, de fuir ces stages qui les remettent en question, et de dénigrer le travail de hauts-gradés dont ils n’ont soi-disant rien à apprendre. On reste alors tranquillement dans son rôle gratifiant d’enseignant de club, de modèle technique suscitant l’admirations des élèves, et peu à peu l’automystification s’ancre définitivement, le rôle d’éducateur sportif se pervertit et la nature profonde du Budo est bafouée.


En effet, l’abandon de l’ego est au coeur de la pratique martiale, et qu’apprend-on en Aïkido si ce n’est à accepter de perdre, accepter de ne pas humilier l’autre, accepter de ne pas détruire l’adversaire et ainsi rompre le cycle de la haine. Abandonner son ego sur un plan moral est le seul moyen de pouvoir espérer l’abandonner sur le plan physique, abandonner cette volonté de vaincre l’autre qui nous fait lever les épaules, raidir les bras, travailler en force et nous met finalement en face de nos propres faiblesses physiques. La perte d’ego se traduit au contraire par un relâchement général, qui fait que l’on accepte l’autre et que l’on devient finalement plus disponible, plus mobile et plus fort. 


Il faut aussi se garder de cette automystification en tant qu’élève, se croire meilleur ou supérieur parce qu’on est l’élève d’un professeur fameux. Les capacités du professeur ne sont pas celles de l’élève ! Il faut au contraire cultiver la richesse de l’Aïkido, qui est dans la pluralité et l’acceptation de la différence. Il y a presque autant de façons de faire shihonague que de pratiquants, et ce qui fait la validité d’une technique, c’est le respect de principes fondamentaux plus que la correspondance avec une forme technique unique qui servirait de mètre-étalon.


Fuyez donc ces professeurs qui prétendent toujours être les meilleurs et que vous ne voyez jamais pratiquer, chuter, suer, reconnaître leurs erreurs... et fuyez votre ego qui ne fera que vous affaiblir !

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Rédigé par gonojukan

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Publié le 2 Février 2009

Beaucoup d'activités en préparation pour ces mois de février et mars. Un petit point s'impose :

Dimanche 8 février 2009 - Stage National Christian Tissier à Dijon au Creps de 9h à 13h (16 euros)

A une petite heure de route de Besançon, l'occasion de pratiquer avec notre Shihan, Christian Tissier 8eme Dan Aïkikaï et fondateur de la FFAAA. Cela permet de pouvoir admirer sa technique fluide, précise, efficace et d'essayer de fixer quelques éléments d'un modèle global à travailler ensuite en club.




Il n'y aura pas de cours à la Maison des Sports le 7 février.


Samedi 14 février : cours à la MSI de 10h à 12h


Samedi 21 février : cours spécial intersections de Kenjustu.
Ouvert (gratuitement) à tous les membres du Gonojukan, aïkidokas ou kenjutsukas, ce cours sera axé sur l'apprentissage du Kihon Tachi de Kashima ainsi que des premiers mouvements de Ura Dachi. Une pratique développée en France par Christian Tissier et ses élèves, qui rencontre de plus en plus d'écho au sein de la FFAAA. Un travail différent de celui de l'Aïkiken, très complet qui peut se vivre comme une discipline à part entière mais qui est aussi complémentaire de la pratique à mains nues de l'Aïkido et de l'Aïkiken.


Samedi 28 février : cours spécial Aïkido-Karaté à la MSI co-animé par Julien et Fodé Ndao. Fodé est professeur de Karaté, plusieurs fois champion d'Afrique et de Suisse, vice-champion de France toutes catégories. Le but de ce cours mixte karaté-Aïkido et d'apprendre aux aïkidokas quelques bases de karaté (atémis pieds poings) et aux pratiquants de Karaté certaines bases d'Aïkido (notamment le travail des chutes).




Dimanche 1er mars - Stage Privé Hervé Guénard à Lons-le-Saunier de 9h30 à 13h (10 euros).
Inutile de vous présenter Hervé, 6eme Dan BE1, que nous invitons régulièrement au Gonojukan. Sa Technique fluide, souple, d'une grande précision mais surtout d'une redoutable martialité avait déjà fait forte impression au stage organisé à la MSI en Octobre dernier. L'occasion aussi de retrouver les pratiquants de Ledonniens sur le tatami !


Samedi 7 mars : cours à la MSI de 10h à 12h

Dimanche 15 mars - Stage National Christian Tissier à Lons le Saunier de 9h à 13h (16 euros).

Inutile de présenter Christian Tissier qui nous fait le plaisir de revenir en Franche-Comté pour la 3eme année consécutive. Profitez-en !




Samedi 21 mars : cours à la MSI de 10h à 12h


Samedi 28 mars et dimanche 29 mars : Stage Gilbert Maillot à la Maison des Sports (6 rue de Bruxelles - Besançon) organisé par le Gonojukan.

Pour la 3eme année consécutive, notre club a le plaisir d'accueillir Gilbert Maillot, 5eme Dan d'Aïkido, membre du Collège technique. Son Aïkido, décontracté et économe va encore séduire de nombreux pratiquants ! Gilbert nous fait le plaisir de rester tout le Week-End en notre compagnie :

Stage Enfants et Adolescents - Samedi 28 de 10h à 11h30

Stage Aïkido Adultes - 
Samedi 28 de 15h à 18h - Dimanche 29 de 9h à 12h

Stage d’armes - Ken - Dimanche 29 de 14h30 à 16h 

Tarifs : Aïkido adultes : stage complet (ken inclus) 30 euros 1/2 journée 20 euros

Ken seul 10 euros -  Enfants et adolescents 10 euros 

 

 

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Rédigé par gonojukan

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Publié le 2 Février 2009

Le 24 janvier dernier c'est Isabelle Denojean, CN 3eme Dan, titulaire du Brevet Fédéral, enseignante et présidente du club de Lons-le-saunier qui a animé le cours du samedi matin au Dojo de la Maison de Sports. Ce fut un superbe moment de partage sur le tatami, Isabelle nous démontrant un Aïkido souple, fluide, dynamique tout en étant très martial. On retrouve dans son travail la patte de Hervé Guénard (que nous accueillons tous les ans en stage à Besançon), qui l'a profondément influencée et qui est pour beaucoup dans sa préparation au 3ème Dan.

Quelques photos de ce cours spécial... 


 





Isabelle n'a pas été avare d'explications, corrigeant personnellement chaque élève. Cette démarche permet aux pratiquants du Gonojukan de découvrir d'autres façons de pratiquer l'Aïkido. Même si la technique est globalement la même, certains détails dans son exécution, l'approche pédagogique, la manière dont est menée le cours varient d'un enseignant à l'autre et il est important de ne pas se faire une image trop figée de l'Aïkido et de garder l'esprit grand ouvert !







Nous inviterons prochainement Guillaume Erard, 2eme Dan Aïkikaï, ancien membre de l'équipe de aïkidoka.fr et enseignant au Dublin Aikikai Aikido.

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Rédigé par gonojukan

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Publié le 25 Janvier 2009

Article publié par Stéphane - Responsable technique de la section Kenjutsu.

Un point, pour les pratiquants de Kenjutsu ou d'Aïkido intéressés par le Kashima de Minoru Inaba, sur les différentes séries de Katas de cette école de sabre et leur signification.


1ère série : Kihon Dachi

1. Kesa Giri

2. Ashibaraï Ukibune

3. Kiri Wari

4. Wari Tsuki

5. Kuraï Dachi

Les katas du  Kihon Tachi correspondent à des duels à distance rapprochée (tachiai). Ils permettent l'étude du but ultime (gokui) "épée, esprit, corps : 3 en tant qu'un" (ken-shin-tai sanmi ittai).
Ces exercices sont les premières techniques apprises et comme tous les katas du Kashima ils se pratiquent toujours à deux, sans protections et avec des bokuto ou bokken (épée d'entraînement en bois). Bien que assez simples d'apparence, ils contiennent l'essence même de toutes les techniques du Kashima et leur étude est incessante.



2ème série : Ura Dachi

1. Men Tachi zuke

2. Kesa Tachi zuke

3. Do Tachi Zuke

4. Gedan Kote Dome

5. Kyodachi Kote Giri

6. Sokui Zuke

7. Mikiri Kenchu Taï

8. Naori Taïchu Ken

9. Kesa Giri Sode Suri

10. Enbi Ken

Cette deuxième série de katas amène les pratiquants à appliquer les techniques en déplacement, lorsqu'ils s'approchent l'un de l'autre (yukiai). Ils doivent donc calculer la distance d'engagement et le timing (maai).
La pratique d'Ura Dachi amène à comprendre que les techniques de Kashima ne sont pas réactives mais requièrent que l'un saisisse l'initiative (sen-sen-no-sen).
Cette approche est différente sur un plan stratégique de l'Aïkiken qui se base généralement sur une réponse à une attaque déjà engagée.
 
 

3ème série : Aishin Kumitachi

1. Kumitachi Kiridome

2. Kumitachi Seigan

3. Kumiwakare Warizuki

4. Kumitachi Kaeshigote

5. Kumiwakare Taoshiuchi

L'étude de Aishin Kumitachi nécessite des pratiquants l'utilisation de mouvements en spirale pour parvenir à maîtriser une situation de combat dans laquelle les deux escrimeurs tentent d'utiliser les mêmes technique. Cette utilisation de la spirale doit permettre l'unification de l’épée et du Ki (énergie interne).
 

4ème série : Jissen Kumitachi 

1. Tsuki Kaeshi

2. Kiri Wari

3. Sokui Dachi

4. Hayanuki Fudoken

5. Sodesuri Seigan

6. Gedan Koteuchi

7. Tsubame Gaeshi

8. Tsubazeri Daoshi

10. Makitachi Oikomi

Les exercices du Jissen Kumitachi doivent permettre aux Kenjutsukas l'apprentissage de la maîtrise des assauts qui s'amorcent juste hors de portée des coups (ippo itto maai).



5ème série : Kassen Dachi

1. Sente Tskuiage

2. Sente Seigan

3. Sente Tsukikaeshi

4. Sente Tsukadaoshi

5. Sente Enbidaoshi

6. Jodan Nukidaoshi

7. Gedan Nukidaoshi

8. Fudoken

9. Kesa Tsubushi

10. Muniken

Cette dernière série de katas enseigne la maîtrise de techniques adaptées aux champs de bataille de l'époque féodale japonaise. Les Bushis (guerriers) portaient les armures traditionnelles japonaises et se chargeaient en duel à distance (yukiai).
Les techniques du Kassen Dachi exploitent donc les points faibles de l'armure de l'adversaire. Elles mettent également en oeuvre des principes mécaniques sophistiqués pour permettre le déséquilibre du combattant adverse.


L'étude du Kashima se fait donc au travers de la pratique de 40 katas répartis en 5 séries.
L'acquisition des techniques de chaque série est nécessaire pour passer à la série suivante mais on se doit aussi de revenir constamment sur l'étude des bases, dans l'esprit d'une recherche du mouvement parfait mais aussi pour tenter de comprendre le sens profond de chaque kata.




Le sens du mot "kata

En japonais chaque mot a plusieurs sens, le mot kata peut donc être employé pour signifier :

- Façon ("manière", "orientation", "direction")
- Forme : étymologiquement « tracer avec le pinceau une ressemblance exacte »
- Moule : étymologiquement « forme originale faite en terre » (signifiant également "trace laisséeforme idéaleloihabitude").
Il s'agit donc d’une forme idéale à reproduire qui permet de fixer et transmettre de connaissances ayant pour base une gestuelle codifiée.

A préciser : il existe aussi deux autres caractères dont la prononciation japonaise est kata. Mais ceux-ci n'ont pas de rapport, il s'agit de "épaule" comme dans la saisie "kata dori" en Aïkido et "lagune, bras de mer".

Un kata peut donc se pratiquer seul (les katas du Iaïjutsu par exemple), à deux comme en Kashima ou en groupe. Les mouvements appris dans les katas seuls doivent pouvoir ensuite être appliqués face à un adversaire comme c'est le cas en Iaïjutsu ou Iaïdo.

Le kata est donc un combat imaginaire, rigoureusement codifié qui s'effectue sans surprise et qui minimise ainsi au maximum les risques encourus à l'entrainement.

La plupart des Arts martiaux japonais utilisent des katas dans leur aprentissage. C'est le cas en Judo, ou en Karaté. Certains assimilent aussi l'apprentissage des techniques d'Aïkido à la pratique de katas dynamique (même si on ne retrouve pas la codification extrême des katas de judo ou de karaté). On peut donc décomposer l'étude des arts martiaux en kihon (techniques de base), katas (enchaînement codifié prédéfini) et applications (bunkaï, kumite, randori...)

 

Rôle des katas

On peut donc, pédagogiquement, définir deux objectifs dans l'étude des katas :
- l'étude des gestes et postures de base au travers d'un apprentissage "serein" et "sécure" qui permet la recherche du mouvement le plus juste.
- la compréhension des principes fondamentaux de la discipline, comme la gestion des distances 
(ma ai), l'attitude et la gestion de l'équilibre (shisei), la coordination des mouvements…

À une époque guerrière où les écoles d'escrime et de combat étaient nombreuses et gardaient précieusement leurs secrets pour pouvoir surprendre l'ennemi, l'étude des katas permettait une transmission codée de l'enseignement. D'apparence banale, leur inlassable répétition permettait la compréhension des principes profonds et des secrets martiaux de l'école.


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Rédigé par gonojukan

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