Kenjutsu - Les Katas du Kashima

Publié le 25 Janvier 2009

Article publié par Stéphane - Responsable technique de la section Kenjutsu.

Un point, pour les pratiquants de Kenjutsu ou d'Aïkido intéressés par le Kashima de Minoru Inaba, sur les différentes séries de Katas de cette école de sabre et leur signification.


1ère série : Kihon Dachi

1. Kesa Giri

2. Ashibaraï Ukibune

3. Kiri Wari

4. Wari Tsuki

5. Kuraï Dachi

Les katas du  Kihon Tachi correspondent à des duels à distance rapprochée (tachiai). Ils permettent l'étude du but ultime (gokui) "épée, esprit, corps : 3 en tant qu'un" (ken-shin-tai sanmi ittai).
Ces exercices sont les premières techniques apprises et comme tous les katas du Kashima ils se pratiquent toujours à deux, sans protections et avec des bokuto ou bokken (épée d'entraînement en bois). Bien que assez simples d'apparence, ils contiennent l'essence même de toutes les techniques du Kashima et leur étude est incessante.



2ème série : Ura Dachi

1. Men Tachi zuke

2. Kesa Tachi zuke

3. Do Tachi Zuke

4. Gedan Kote Dome

5. Kyodachi Kote Giri

6. Sokui Zuke

7. Mikiri Kenchu Taï

8. Naori Taïchu Ken

9. Kesa Giri Sode Suri

10. Enbi Ken

Cette deuxième série de katas amène les pratiquants à appliquer les techniques en déplacement, lorsqu'ils s'approchent l'un de l'autre (yukiai). Ils doivent donc calculer la distance d'engagement et le timing (maai).
La pratique d'Ura Dachi amène à comprendre que les techniques de Kashima ne sont pas réactives mais requièrent que l'un saisisse l'initiative (sen-sen-no-sen).
Cette approche est différente sur un plan stratégique de l'Aïkiken qui se base généralement sur une réponse à une attaque déjà engagée.
 
 

3ème série : Aishin Kumitachi

1. Kumitachi Kiridome

2. Kumitachi Seigan

3. Kumiwakare Warizuki

4. Kumitachi Kaeshigote

5. Kumiwakare Taoshiuchi

L'étude de Aishin Kumitachi nécessite des pratiquants l'utilisation de mouvements en spirale pour parvenir à maîtriser une situation de combat dans laquelle les deux escrimeurs tentent d'utiliser les mêmes technique. Cette utilisation de la spirale doit permettre l'unification de l’épée et du Ki (énergie interne).
 

4ème série : Jissen Kumitachi 

1. Tsuki Kaeshi

2. Kiri Wari

3. Sokui Dachi

4. Hayanuki Fudoken

5. Sodesuri Seigan

6. Gedan Koteuchi

7. Tsubame Gaeshi

8. Tsubazeri Daoshi

10. Makitachi Oikomi

Les exercices du Jissen Kumitachi doivent permettre aux Kenjutsukas l'apprentissage de la maîtrise des assauts qui s'amorcent juste hors de portée des coups (ippo itto maai).



5ème série : Kassen Dachi

1. Sente Tskuiage

2. Sente Seigan

3. Sente Tsukikaeshi

4. Sente Tsukadaoshi

5. Sente Enbidaoshi

6. Jodan Nukidaoshi

7. Gedan Nukidaoshi

8. Fudoken

9. Kesa Tsubushi

10. Muniken

Cette dernière série de katas enseigne la maîtrise de techniques adaptées aux champs de bataille de l'époque féodale japonaise. Les Bushis (guerriers) portaient les armures traditionnelles japonaises et se chargeaient en duel à distance (yukiai).
Les techniques du Kassen Dachi exploitent donc les points faibles de l'armure de l'adversaire. Elles mettent également en oeuvre des principes mécaniques sophistiqués pour permettre le déséquilibre du combattant adverse.


L'étude du Kashima se fait donc au travers de la pratique de 40 katas répartis en 5 séries.
L'acquisition des techniques de chaque série est nécessaire pour passer à la série suivante mais on se doit aussi de revenir constamment sur l'étude des bases, dans l'esprit d'une recherche du mouvement parfait mais aussi pour tenter de comprendre le sens profond de chaque kata.




Le sens du mot "kata

En japonais chaque mot a plusieurs sens, le mot kata peut donc être employé pour signifier :

- Façon ("manière", "orientation", "direction")
- Forme : étymologiquement « tracer avec le pinceau une ressemblance exacte »
- Moule : étymologiquement « forme originale faite en terre » (signifiant également "trace laisséeforme idéaleloihabitude").
Il s'agit donc d’une forme idéale à reproduire qui permet de fixer et transmettre de connaissances ayant pour base une gestuelle codifiée.

A préciser : il existe aussi deux autres caractères dont la prononciation japonaise est kata. Mais ceux-ci n'ont pas de rapport, il s'agit de "épaule" comme dans la saisie "kata dori" en Aïkido et "lagune, bras de mer".

Un kata peut donc se pratiquer seul (les katas du Iaïjutsu par exemple), à deux comme en Kashima ou en groupe. Les mouvements appris dans les katas seuls doivent pouvoir ensuite être appliqués face à un adversaire comme c'est le cas en Iaïjutsu ou Iaïdo.

Le kata est donc un combat imaginaire, rigoureusement codifié qui s'effectue sans surprise et qui minimise ainsi au maximum les risques encourus à l'entrainement.

La plupart des Arts martiaux japonais utilisent des katas dans leur aprentissage. C'est le cas en Judo, ou en Karaté. Certains assimilent aussi l'apprentissage des techniques d'Aïkido à la pratique de katas dynamique (même si on ne retrouve pas la codification extrême des katas de judo ou de karaté). On peut donc décomposer l'étude des arts martiaux en kihon (techniques de base), katas (enchaînement codifié prédéfini) et applications (bunkaï, kumite, randori...)

 

Rôle des katas

On peut donc, pédagogiquement, définir deux objectifs dans l'étude des katas :
- l'étude des gestes et postures de base au travers d'un apprentissage "serein" et "sécure" qui permet la recherche du mouvement le plus juste.
- la compréhension des principes fondamentaux de la discipline, comme la gestion des distances 
(ma ai), l'attitude et la gestion de l'équilibre (shisei), la coordination des mouvements…

À une époque guerrière où les écoles d'escrime et de combat étaient nombreuses et gardaient précieusement leurs secrets pour pouvoir surprendre l'ennemi, l'étude des katas permettait une transmission codée de l'enseignement. D'apparence banale, leur inlassable répétition permettait la compréhension des principes profonds et des secrets martiaux de l'école.


Rédigé par gonojukan

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